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 [BG] Petrus

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Petrus
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MessageSujet: [BG] Petrus   Ven 20 Juil - 6:29

Rédigé à la première personne pour faciliter la narration.

Ca peut passer pour une confession en cours de cuitage mais ça aurait beaucoup alourdi un texte qui n'est déjà pas particulièrement léger.

C'est en trois partie, l'enfance, l'age adulte et l'histoire recente.

Première partie, enfance.

Je suis né et j’ai passé mon enfance dans une ferme de la région de Wasseburg, à proximité du château du même nom.

Mes parents sont éleveurs de volaille et mon père est intendant du baron, ce qui m’a permis d’apprendre à lire et à écrire dès l’enfance.

Comme tous les jeunes du château, domesticité comprise, j’ai eu la chance de suivre l’enseignement du père Möllhausen, prêtre attitré de Sigmar au château.
Toutes les histoires et la morale qu’il nous enseignait tournaient autour de Sigmar, des grands héros de l’empire et de leurs actes pour détruire les menaces peaux vertes et chaotiques.
Cela développait chez moi et chez tous mes camarades une imagination débordante de combats et de luttes contre l’ennemi et d’efforts pour préserver la pureté de l’empire.

C’est pendant mon adolescence que s’est déroulé l’évènement qui m’a conduit à choisir le chemin qui est le mien plutot que de prendre la succession de mon père et à devenir comptable du baron.

Un moine itinérant passait dans la région, précédé par la réputation de ses prêches enflammés et il fut invité au château. Il n’y est resté qu’une semaine, mais j’assistais à chacun de ses sermons avec un enthousiasme croissant.

Là où le père Möllhausen citait les héros et les faits d’arme qui à la longue se ressemblaient tous, le frère Joseph décrivait un univers de terreur apocalyptique dans lequel la lumière devait se frayer le passage en calcinant la noirceur du chaos partout où elle se trouvait.
La où nous n’avions que des modèles certes admirables mais surtout inégalables et figés, nous trouvions une voie, une inspiration, un règle de conduite qui devait s’appliquer à tous et à chaque instant, de l’empereur au palefrenier.

Ce fut là pour moi la naissance d’une vocation, la révélation d’une vérité absolue et intangible, d’un devoir enfin. Ma manière de voir le monde fut irrémédiablement modifiée et c’est un regard neuf que je posais sur les êtres et les choses.

Chercher ma voie dans la pureté devint alors une obsession de chaque instant et c’est avec une angoisse croissante que je cherchais à déceler le chaos qui à coup sur rampait dans les parages. Nulle créature tentaculaire ne s’était jamais aventurée dans les environs et rien de bien notable ne trahissait la moindre corruption perceptible à l’œil nu.
Et pourtant, il était bien là, il ne pouvait que l’être puisqu’il était partout.

Alors vint le jour ou pour la première fois le chaos croisa ma route.

A l’aube, je me dirigeai comme chaque jour vers de le poulailler de derrière pour ramasser les œufs, compter, classer et comptabiliser les poulets, quand mon attention fut attirée par plusieurs boules jaunes sautillantes : les poussins nés les jours précédents. Le comportement de l’un d’eux attira mon attention et je me rapprochais sans méfiance de leur petite colonie.

C’est alors que je fus confronté pour la première fois au chaos dans toute sa violence, dans toute son horreur : le poussin au comportement étrange était mutant, il avait trois pattes.

Je sentis une sueur glacée recouvrir mon corps et paralyser mes membres.

Ainsi, j’y étais, confronté à l’ennemi, à sa sauvagerie, à la corruption à l’état brut.

Mon destin aller se jouer dans les instants à venir.

Je reculais prudemment vers le tas de bois de chauffe à quelques pas de là, sans jamais quitter des yeux l’ennemi, qui sautillait de manière désordonnée, chaotique. Je sentis une nouvelle sueur couvrir mon front.

Avec d’infinies précautions, je pris une buche et commençait à me rapprocher, lentement, de l’enfant du chaos.

Celui-ci faisait comme s’il ne m’avait pas remarqué, il tentait de travestir la réalité de son ignominie en calquant son comportement sur celui des poussins sains et innocents.

Mais je n’étais pas dupe.

Enfin, j’arrivais à portée.

Et il fit face.

Son regard noir et cruel plongea dans le mien et il lança son défi.

-Pîîîîp ? s’exclama-t-il fétidement.

*SPROTCH* Fit la buche en l’écrasant.

Je n’avais pas faibli.

J’avais vaincu.

Pris d’un vertige soudain je m’affaissais, à bout de souffle et de ressources.

Ce n’est qu’après un bon moment que je pus trouver suffisamment d’énergie pour contempler la scène du combat. Il ne restait qu’une vague bouillie de duvet et de sang du rejeton maudit. Je rassemblais alors ces restes avec prudence avant d’y bouter le feu en prenant la précaution de rester dos au vent. C’était mon premier bucher.

En contemplant la fumée s’élever devant le soleil montant, je sentis un sentiment de fierté m’envahir : grace à moi, l’univers était un peu plus pur.

Mes jours dans le cocon familial étaient désormais comptés, je sentais ma vocation s’affermir de jour en jour.

Je poursuivi ma quête, mais à l’exception d’un dindon cultiste au plumage rouge fauve, que j’exterminais par une nuit sans lune en profitant de mes rapports cordiaux avec les chiens de garde, plus rien ne pouvait me retenir en ces lieux.

Aussi, un beau matin, je pris la route muni d’un baton de marche et de quelques provisions, sous les insultes de mon père et les mottes de terre que me jetais ma mère.

J’avais appris tout ce que je pouvais apprendre sur les lieux de mon enfance, l’importance de l’information, la nécessité du camouflage, la pertinence de l’observation permanente et le besoin d’inspirer confiance à la cible choisie et à son entourage.

Tous ces traits allaient peu à peu se fondre en moi au point de constituer une seconde nature.

La voie de la purification par la mort était ouverte devant moi.
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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   Ven 20 Juil - 6:33

Seconde partie, age adulte.

Mes premiers mois de traque furent très difficiles.
Ou chercher, quoi chercher, comment m’y prendre ?
Tous ces éléments dont je ne m’étais pas préoccupé dans mon enthousiasme purificateur s’avéraient être des obstacles insurmontables.
Et ma spécialisation dans le cultisme volailler compliquait beaucoup mes rapports avec les communautés rurales auxquelles je m’adressais.

C’est alors que je fus recueilli par une troupe de bateleurs itinérants, les Joyeux baladins du Wissenland qui allaient constituer mon univers pendant plusieurs années.

Je tombais sur eux par hasard alors que, en désespoir de cause, je venais de mettre le feu à un élevage de pintades au gloussement suspect. J’avais du mal à distancier les paysans qui me courraient après – les volatiles que j’avais prélevé pour mes repas m’encombraient - lorsque je me suis trouvé nez à nez avec trois roulottes chamarrées tirées par des chevaux.

L’adoption se fit rapidement et alors que deux des membres de la bande particulièrement solides et portant hache et épée expliquaient aux paysans leur erreur d’appréciation, je troquais un abri en échange de deux pintades d’une pureté indubitable.

Ce n’est que le soir, après avoir révélé les buts que je m’étais fixé dans l’existence avec toute la candeur que peut donner l’adolescence que je découvris la réalité de la communauté dans laquelle j’allais bientôt me trouver intégré – au titre de responsable du poulailler.

Cette formation de bateleurs était étonnante aussi bien par ses activités que par les personnalités qui la composaient.

Gabriele, diseuse de bonne aventure, était en quelque sorte le guide spirituel de la communauté. La parole rare, ne livrant que peu d’informations, d’un abord glacial, elle fut mon maître en pureté pendant toutes les années que dura mon séjour dans la communauté.

Balder était acteur, en général dans les rôles de preux et surtout le chef militaire du groupe. Fervent Solkanien, maître d’arme, tireur d’exception, son implacable volonté était la malédiction du chaos partout où il passait. Il a été mon modèle et j’ai suivi son exemple durant de nombreuses années.

Eber s’occupait des scripts et des scénarios mais surtout des archives, des textes et de la recherche. Il travaillait beaucoup avec Gabriele et leurs délibérations déterminaient la conduite et les objectifs de la troupe. Il m’a enseigné les belles lettres et me permit d’évoluer de la comptabilité seigneuriale à un état de lettré confirmé. C’est en suivant son exemple que j’ai pris l’habitude de noter, de hiérarchiser et d’organiser les évènements quotidiens.

Lenny chantait, dansait et tenait tous les rôles féminins des représentations. Sa gaîté permanente contrastait fortement avec la distance de ses compagnons, mais elle n’était que le résultat de sa volonté de fer et n’était destinée qu’à faciliter son rôle de négociatrice et d’informatrice. J’appris d’elle l’art de moduler voix et visage selon l’effet recherché auprès de chaque interlocuteur.

Abo était l’homme fort de la bande et le tortionnaire le plus doué qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il m’instruisit dans les rudiments de la chirurgie qui permettent à un interrogatoire de produire son suc le plus riche.

Ils parcouraient les routes de l’empire à la recherche de l’impureté, ils éradiquaient toute trace de corruption sur leur chemin et, mais il me fallu plusieurs années pour le cerner sans que je réussisse jamais à le comprendre complètement, ils exerçaient une forme de sacerdoce, la quête d’une forme de pureté absolue.

Gabriele devint très rapidement le tuteur, le ferment des idéaux lumineux qui sont les miens. Ses connaissances étaient infinies et sa logique absolue. Alors que mon esprit n’était que bouillonnement indistinct, j’eu bientôt une vision claire et parfaite de l’ordre, de la lumière et de la corruption.

Balder m’apprit tout du combat, des bases que sont le tri de la poudre, le maintien des amorces sèches, l’estimation du calibre d’une balle jusqu’aux principes de la manœuvre, de la rupture en passant par toutes les finesses de l’escrime et du tir. Il m’inculquât aussi la volonté, au moins aussi indispensable au combattant que les techniques de maniement d’arme, celle qui permet au combattant de toujours se maintenir, de ne jamais se laisser dominer par la peur ou par les blessures, à toujours décider froidement en s’adaptant aux circonstances.

Ma première confrontation avec le chaos après avoir été intégré dans la bande eut lieu environs trois mois après mon arrivée.

Nous nous étions arrêté à proximité d’une petite rivière, dans l’Averland et mes compagnons étaient partis à cheval prospecter les hameaux environnants. Je me trouvais donc seul aux roulottes où j’aménageais les litières. Un grognement me fit sursauter et je me retournai pour me trouver face à face avec un corrompu qui me chargeait.

Il avait été humain mais sa déchéance lui ôtait toute prétention à cet état. Il était d’une extrême maigreur, les teintes de sa peau craquelée s’échelonnaient du verdâtre au bleu décomposé. Sa face n’exprimait que sauvagerie et folie et un tentacule pourpre prolongeait son épaule gauche comme un troisième bras impie.

Instantanément une foule d’émotions violentes montèrent en moi, d’une nature totalement différente de celles que j’avais connu quelques mois auparavant dans des circonstances semblables.

Je ressentis simultanément la peur physique et la souffrance grandir depuis mon ventre, jusqu’à ce que la souffrance oblitère littéralement la peur. Un grand froid se fit dans mon esprit et la haine toute puissante, d’une noirceur indicible, envahit mon âme.

La seule existence de cette créature était une insulte qui primait tout, l’existence, le monde, les dieux, pour occuper tout l’espace et le temps.

Prenant fermement ma fourche à deux mains, je chargeais.

Les dents entrèrent dans le bide du cultiste comme elles l’auraient fait dans une botte de foin. La pathétique parade qu’il tenta ne ralentit même pas mon mouvement. Prolongeant mon élan de toute ma masse, je le poussais vers et une roulotte contre laquelle je le clouais. Alors que les dents qui l’avaient traversé pénétraient lentement le bois tendre, il tentait de repousser le manche et enserrait mon cou de son tentacule. Mais la haine était la plus forte et je sentis bientôt la base supportant les lames butter sur son corps misérable alors que je mordais le tentacule jusqu'au sang.
Je continuais de pousser. Il était maintenant animé de spasmes et la hampe de la fourche transmettait à mon corps les secousses de sa chair, qui me faisaient trembler de la tête aux pieds. Chacune de ces secousses atténuait ma souffrance et ce n’est que lorsqu’il s’affaissât dans la mort que celle-ci disparut entièrement.

J’allais immédiatement prendre la hache à bois et je mutilais puis démembrais son cadavre avant de pouvoir constater l’irréparable : la fourche était faussée.

Lorsque le reste de la troupe revint de son exploration, j’attisais le feu qui consumait les restes du corps enfin purifié.

En croisant le regard de Gabriele je compris alors la raison de sa froideur de glace : la haine qui m’avait habité pendant le combat était, chez elle, un état permanent.

Le soir même nous fêtions dans la joie mon seizième anniversaire.

Les années qui suivirent furent pour moi celles du développement et de l’épanouissement de ma vocation.
Je pris ma place au coté de Balder, d’abord comme porte bouclier, puis comme porte hache avant d’être à mon tour intronisé comme un combattant à part entière.
Plus souple que lui, je remplissais en général le rôle de rabatteur et de flanqueur.

Notre petite caravane de roulottes était un appas irrésistible pour les impurs qui pullulent dans nos forêts et c’est au cours de nos lents déplacements que nous épurions avec le plus d’intensité, attirants sous le feu et l’acier de nos armes les multitudes corrompues.

J’évoluais aussi dans ma maitrise du jeu d’acteur, de mes débuts ou la candeur de mon jeune age détournait l’attention de moi aux rôles de paysan muet ou d’ouvrier voyageur, employant la discrétion et la modestie comme des armes pour glaner les informations qui nous permettaient de traquer les cultistes.

Je fus considéré comme qualifié par Abo le jour ou je passais le test de Magnus, qui consiste à faire avouer à un suspect humain sa responsabilité dans l’assassinat de notre saint empereur, mort de sa bonne mort trois siècle plus tôt.

Il n’y a qu’avec Gabriele que les choses évoluèrent différemment. Le dogme professé par ma sœur en haine allait bien au-delà de ce que j’étais capable de comprendre et sa foi en une pureté mystique était étrangère et incompatible avec la vie telle que je la vivais.
Avec les années, cette incompréhension se changeât en gêne puis en hostilité de sa part.

Je comprenais parfaitement que le clergé de Sigmar, plus attaché à la lettre qu’au fond des la loi pouvait être une gêne pour nos activités d’épuration. De même, le choix que nous faisions la plupart du temps et qui consistait à éliminer discrètement les suspects plutôt que de les brûler vifs sur la place publique pour l’édification des masses était bon, mais les justifications qu’elle y apportait me satisfaisaient de moins en moins.
La rupture définitive intervint lors de l’une de ces discussions que nous tenions au moins une fois par lune pour renforcer l’intégrité de notre foi.

Je fus ce jour là sommé de renier Sigmar et de reconnaître son culte comme corrompu et voué au chaos. Les divinités de l’ordre, par la voix de leur prêtresse, entendaient préserver leur pureté de toute souillure, fut elle humaine.

Je ne pouvais admettre cela, quelles que soient les circonvolutions employées pour les justifier. Sigmar est mon dieu et seule sa présence a permis de préserver l’empire du chaos. Le renier reviendrait à se couper le bras d’arme sous prétexte que celui-ci supporte l’outil qui entre au contact du chaos en l’annihilant.

Le jour même je quittais mes compagnons de toutes ces années.

En m’éloignant alors qu’ils m’observaient en silence, je réalisais que je n’avais manqué d’être épuré que d’un cheveu.


Dernière édition par le Ven 20 Juil - 6:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   Ven 20 Juil - 6:37

Troisième partie, histoire récente.

A compter de ce jour, je poursuivi l’épuration seul à quelques exceptions près.

Cet état me contraignit à restreindre une partie de mon domaine d’activité et je m’orientais vers la recherche de renseignements, activité qui m’amena à améliorer encore ma maitrise de l’art de l’interrogatoire poussé. J’oeuvrais essentiellement en zone rurale et la plupart des corrompus que j’affrontais étaient des mutants ou des cultistes des villages.

La masse d’informations glanées pendant ces années me permet aujourd’hui d’avoir une connaissance poussée des us et coutumes des populations des contés bordant le Reik ainsi qu’un niveau raisonnable de pratique des procédures légales de ces mêmes régions.

La purification progressait jusqu’à ce jour maudit, il y a trois mois de cela, quand j’arrivais dans le bourg de Braunau.

Je n’avais pas mangé ni dormi depuis deux jours, occupé que j’avais été à déceler et à faire monter sur le bucher un sorcier de village, opération qui s’était traduite par un plein succès et un plaisant regain d’enthousiasme dans la foi de la part des habitants du village concerné survivants.

Je consultais les affiches du panneau des proclamations à l’entrée de l’agglomération quand mon attention fut attirée par un détail.

Un homme venait d’enter dans une maison à proximité immédiate de l’octroi du bourg en laissant sa porte ouverte et surtout un étrange petit tas de bois devant l’entrée.

Embarquant rapidement quelques affiches, je m’approchais rapidement et pu constater que j’avais vu juste : les quatre sarments formaient un octogone parfait, probablement destiné à honorer les sombres dieux et à sanctifier la maison.

Je pénétrais dans la masure d’un pas rapide.

Un homme était agenouillé devant l’âtre dans lequel il disposait du petit bois.

Le crime était donc signé.

Je le neutralisai en quelques coups de crosse de pistolet dans le crâne avant de lui entraver les bras et une jambe avec mes menottes et de lui passer une corde au cou.

L’affaire avait été rondement menée et je pouvais être légitimement fier de moi.

Je l’aidai à reprendre ses esprits à coups de botte dans les cotes et je le traînais jusqu’au temple de Sigmar ou officiaient deux magistrats que j’avais déjà croisé. J’étais fatigué et je ne me sentais pas en état d’organiser un bucher et d’haranguer la foule. La suite devait me montrer à quel point il est mauvais d’obéir à un sentiment de faiblesse

Car les deux prêtres, loin de planifier une mise à mort exemplaire, rapide et dans la douleur, décidèrent de laisser le cultiste s’exprimer et plus terrible encore, prétendirent croire à son explication, selon laquelle il aurait laissé tomber un fagot et pensait ressortir le chercher après avoir placé le bois pour son feu.

Malgré mes protestations outrées, ces deux responsables de la foi décidèrent de le libérer sous prétexte qu’aucun élément ne permettait de le condamner, alors même que je ne l’avais pas encore interrogé en profondeur.

Le voile s’est alors déchiré devant mes yeux : une conspiration était à l’œuvre dans le bourg et ses ramifications s’étendaient jusqu’au clergé.

Je savais ce qu’il me restait à faire. Alors que la haine montait en moi, je quittais ce rassemblement de cultistes sans ajouter un mot pour préparer mon plan d’action.

Je sais reconnaître le chaos quand je lui suis confronté et je sais comment le traiter.

******

Trois semaines après cette histoire, en passant sur la grande route de Nuln à Averheim, je tombais sur l’une de ces affiches qui constituent l’un des éléments essentiels de la traque : l’annonce d’un crime cultiste.

Une cérémonie du chaos s’était déroulée dans le bourg de Braunau ou deux prêtres et un citoyen avaient été sauvagement assassinés et mutilés.

La surprise que j’éprouvais à lire cette description de mon épuration fit bientôt place à un malaise insoutenable : le chaos était là à l’œuvre.

Mais comment était-ce possible ?

Bien sur, je leur avais brisé quelques os et arraché certains organes non indispensables à la survie immédiate. Comme ils refusaient de parler ou d’avouer, j’avais même été jusqu’à leur ouvrir la poitrine et à arracher leur cœur encore palpitant dans l’espoir d’affaiblir leur résolution. Bien sur, j’avais mis le feu à la maison du premier cultiste après avoir y abandonné les corps.

Mais comment confondre ces procédures relativement standard d’interrogatoire poussé avec un immonde crime cultiste ?

Et d’ailleurs, le fait même qu’ils n’aient rien avoué n’était il pas la preuve de leur extrême détermination dans la chaos ? Aucun individu de bonne foi ne saurait qualifier cette épuration de cérémonie cultiste !
Et pourtant, cette affiche en faisait foi, le chaos était à l’œuvre. Et j’en étais le responsable.

Le monde s’effondrait autour de moi et je sentais ma raison chanceler.

Je remontais en selle et je m’éloignais. Je ressentais intensément le besoin de faire le point de comprendre ce qui se passait, de clarifier les choses.
J’errais pendant plusieurs jours avant de m’arrêter sur une petite colline à proximité du Stir.

A la branche d’un arbre, je pensais une corde pourvue d’un nœud coulant.

Mais je restais fidèle à ma méthode et je décidais de me faire parler avant de me juger, de me condamner et de m’exécuter.

Je commençais par recenser mes crimes à l’aide des notes prises au cours des années. J’en arrivais à la conclusion qu’environs un tiers des affaires d’épuration que j’avais mené pouvaient être considérées comme empreintes de chaos selon les critères de l’affaire de Braunau.
Je n’étais donc pas un débutant et j’étais un vecteur de corruption depuis longtemps ce qui aggravait encore mon cas en admettant que cela soit possible.

Mais cela ne suffisait pas, je me devais d’aller au fond des choses.

Comment un individu consacré à l’épuration et à la traque du chaos peut il se trouver être un facteur de propagation du chaos ?
J’ai alors fouillé et traqué chacun des évènements dont je pouvais me souvenir en m’appuyant sur mes notes. Et peu à peu la lumière se fit en moi.

Le test de Magnus.

Certains individus, comme par exemple les saints propagateurs de la volonté de Sigmar, n’hésitent pas à manipuler les énergies chaotiques pour purifier le monde, sans que cela fasse d’eux des cultistes, bien au contraire.
Malgré leur proximité avec le chaos, nul répurgateur ne s’aviserait de les accuser de corruption.
Il est donc possible d’être proche du chaos sans être corrompu.
Mais la frontière est subtile, car si le chaos est bien présent, c’est la volonté d’adhérer à ses principes ou de continuer à le rejeter qui va faire que l’on verse dans le cultisme ou que l’on reste pur.

Or si dans l’affaire de Braunau il y avait une indubitable présence chaotique avec l’octogone, c’est bien l’interrogatoire poussé qui m’a amené à perpétuer le chaos. Le test de Magnus, en n’étant pas capable de différencier la volonté de corruption de la proximité du chaos est donc en cause. L’utilisation de ce test n’a donc lieu d’être qu’après découverte du chaos mais surtout après découverte d’une corruption volontaire. Son objet n’est pas de déceler le cultisme mais d’étayer l’information concernant le cultisme ou éventuellement de faire plaisir au perpétrateur du test en pratiquant une mise à mort ludique et prolongée.

Cette recherche dura plusieurs semaines qui furent pour moi une période d’un désespoir absolu.

Ma faillite dans la traque et la propagation du chaos que j’avais provoqué me causaient une souffrance insupportable. Je ne pouvais pas laisser aller un individu fauteur de chaos avec une telle intensité, même si la propagation était indirecte et involontaire.

Alors que je préparais mon exécution, un détail me revint en mémoire. Le jour où je m’étais lancé dans l’épuration calamiteuse de Braunau, j’avais récupéré un certain nombre d’affiches que j’avais à peine consulté. Je ressortis plusieurs feuilles froissées de ma poche. Mon souvenir était exact, une compagnie mercenaire recrutait à Altdorf.

Je connaissais cette compagnie de réputation, elle était dirigée par un nain.

La guerre se levait dans le nord et le chaos appelait ses fidèles corrompus au combat.
Les temps à venir verraient les abominations qui se terraient dans les villages surgir au grand jour sur les champs de bataille.
Et dans une structure militaire, je n’aurais pas à fixer des objectifs qui pourraient m’amener à faillir à nouveau.

Quand à œuvrer au combat au coté d’un nain, c’était dans la droite ligne de la geste de Sigmar et cela avait été le principal rempart contre le chaos, qu’il s’agisse de la version tentaculaire ou de la version à peau verte.

Mon devoir était clair, je montais à cheval.

Des nains. Avec un peu de chance il y aurait des tueurs parmi eux. De fructueux échanges d’idées en perspective.

Alors que mon cheval descendait la pente, je me tournais une dernière fois en arrière.

La corde accrochée à la branche se balançait doucement avec le vent.

Je la laissais là en attendant.

Elle pouvait toujours servir.

La mort est le dernier échec.
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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   Ven 20 Juil - 6:40

énorme, je suis mort de rie, et mort d'horreur en même temps, la purification du poussin à trois pattes, vraiment j'adore, un bon gros fanatique déluré comme on en fais plus, je suis fan vivement l'assassina du mec pasqu'il était myope ou celui du mec qui avait des cheveux long et des grandes oreilles, donc c'était un mutant.

Vivement la suite Very Happy

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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   Ven 20 Juil - 7:35

Mouais, je serais toi je dirais pas " vivement la suite".
Je la vois arriver l'épuration du serviteur du chaos au long cheveux bleu :feurnard:

Ouais Twisted Evil
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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   Lun 21 Jan - 12:38

excellent super bien écrit bien joué Very Happy
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MessageSujet: Re: [BG] Petrus   

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