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 MdT 1.0, ch'tite aide pour vos historiques.

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MessageSujet: MdT 1.0, ch'tite aide pour vos historiques.   Mer 28 Mar - 13:53

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Pour ceux qui veulent écrire de beaux historiques, cette méthode était destinée aux écrivants en herbe, plutôt ludique, pas très sérieuse et surtout très ancienne mais malgré cela assez efficace.
Si vous avez encore beson d'aide, les membres sont là pour vous aider et le renard, bien entendu, passera parfois derrière pour vous corriger.

Plan :
- Les éléments d'un texte
. L'idée
. Le personnage
. Le lieu / le temps
. L'événement
. Le sentiment

- Les méthodes d'écriture
1. L'imagination
2. La mise en page
3. Tableau des événements, des personnages et une échelle du temps

- Les pièges
1. Le bourrinisme
2. La mise en page
3. La ponctuation
4. La transition
5. La solution de facilité
6. Le style Historique-narratif
7. L'importance / l'insistance

Les éléments d'un texte

"Il était une fois quelque chose." Pas très étoffé, comme histoire...
L'idée : bah... on commence toujours par écrire avec une idée. L'idée, c'est quoi ? Ben en vérité c'est une situation que l'on veut "mettre en pratique", écrire quoi. Dommage, je le voyais plutôt comme une morale. Il y a 3 types d'idées que je connaisse :
- le fil rouge : en gros, c'est le sujet principal qui doit captiver le lecteur du début à la fin. Vous savez, le héros qui doit sauver la princesse, tout ça...
- le fil bleu : j'ai pas trouvé d'autre nom. Il s'agit ici de toutes les trames, tous les sujets se rattachant au fil rouge. Pour résumer, on dira qu'un fil rouge est composé de fils bleus !
- le tertiaire : la chose à éviter. On peut l'assimiler à une disgression. Il s'agit de toute idée, toute situation n'ayant rien à voir avec le fil rouge. Par exemple, l'achat d'une épée au rabais ou le payement de la chambre de nuit. Si vous faites une disgression de 100 pages sur le choix de la carriole, je vous laisse imaginer la tête du lecteur ! Ca n'est pas à proscrire, mais il faut faire attention à son utilisation.

"Il était une fois un meurtre à résoudre." Ca s'améliore. Il ne reste plus qu'à pouvoir entrer dans le sujet. Là, il nous manque :
Le personnage : Ils sont les yeux du lecteur, l'unique moyen de voir ce qui se passe dans ce monde, mais également les connecteurs logiques de l'action. Voir l'herbe pousser ou un arbre tomber sous la foudre peut être intéressant un soir de grand ennui, lorsque vous avez épuisé vos jeux de compagnie. Mais il vous faut de la vie dans tout cela ! A nouveau, trois personnages peuvent sauver la situation !
- le héros : sonnez tambours, claironnez trompettes ! Voilà le héros, pilier central, clé de l'histoire, qui rentre en scène. Normalement, c'est le type que l'on suivra d'un bout à l'autre du récit, qui ne meurt jamais, etc... S'il meurt en route ? C'est frustrant et il vous faudra un nouveau héros. Ca peut arriver, mais une fois encore, c'est à éviter.
- le faire-valoir (ou support) : vous voyez le mûlet avec son type mal rasé qui joue du banjo ? Le méchant sorcier qui regarde dans sa boule en ricanant ? Cet allié mystérieux qui vous montre le chemin jusqu'à la grotte ? Ce sont les supports de l'histoire, ceux qui servent à faire avancer l'idée, à créer les fils bleus (ou tertiaires), etc... Il est sérieusement déconseillé de faire jouer le rôle d'un faire-valoir à un héros et vice-versa (pas vrai Zara ?).
- le décor : l'armée qui bouge à l'horizon, le dragon qui flamme tout ce qui bouge, la population qu'il faut sauver font partie de cet ensemble comparable en utilité aux idées tertiaires. Pure décoration dans un texte, ils ne sont là que pour permettre aux supports ou au héros (s'il a une I supérieure à 4) de tisser les fils bleus ou rouge.

"Il était une fois un policier qui enquêtait sur le meurtre d'un riche personnage." On se rapproche du but, mais il manque encore plusieurs choses. Remarquez, on pourrait s'arrêter là, mais ça serait fade.
Le lieu/le temps : vous n'alliez pas y échapper. Comparables aux personnages décor, le lieu et le temps permettent de situer l'action, de l'imaginer. Lorsque vous rêvez, il faut vous accorder le fait qu'il manque un temps et un lieu : automatiquement, vous les créez ! Maintenant, devinez quoi... oui, je vois au moins trois rôles à ces gugusses !
- la situation générale : sur une plaine paumée, à Ulthuan, près des frontières de Kislev, mais également en l'an 2522, 1324 ou trois ans après le couronnement de l'empereur Franz (attention au dernier point, vous verrez pourquoi). Tout cela est tellement vague qu'il ne permet même pas de poser réellement le décor. Au plus, c'est un stéréotype qui se met en place. Mais au moins, on ne se sent pas perdu !
- la description : attention, là je vais vous surprendre : trois ans après le couronnement de l'empereur Franz (si le héros y a participé ou si ce fait a une connotation sur le fil rouge), dans la ferme de X, aux profondeur d'une grotte putride, à trois jours d'arriver en Loren, ... la description offre enfin la chance de situer l'action et de la comprendre pleinement, de s'en faire un plan imaginaire détaillé, ou presque. S'il est difficile de le différencier avec la situation générale, alors ne faites pas la distinction !
- le détail : vous voyez la pierre taillée dans le roc, la fine ciselure à gauche de la porte, etc... ? Vous sentez s'égrener les secondes ou l'attente du héros ? Ce sont les détails, presque les outils des sentiments (ah zut, j'en parle pas encore ! ). Leur utilité permet une bonne fois pour toute d'aviser le lecteur sur la situation, de le rapprocher au maximum de l'histoire.

"Par une nuit sans lune, dans un manoir délabré au milieu de la vallée, un policier enquêtait sur le meurtre du propriétaire." Pas mal ! Mais cela offre-t-il réellement un récit ? Non, ça n'en est que l'introduction. Il nous manque l'outil essentiel à tout écrivain.
L'événement : à ce stade, vous devez me prendre pour un huluberlu de la dernière génération, tandis que je radote sur des éléments sans la moindre importance. Comme bon vous semble. L'événement, c'est le connecteur entre le lieu/temps/personnage/fil rouge. Il permet à l'un de développer l'autre et vice-versa.
Il existe donc autant de types d'événements qu'il n'existe de connecteurs possibles.

"Par une nuit sans lune, dans un manoir délabré, un policier enquêtait sur le meurtre du propriétaire. Le policier enquêta longtemps, jusqu'à l'aube et interrogea les hôtes pour connaître le coupable. Il découvrit alors qu'il ne s'agissait que d'un accident de lustre." D'accord, c'est court ; mais en théorie, c'est un récit. Maintenant, il reste un dernier point sur lequel on peut améliorer.
Le sentiment : vous savez, lorsque le barbare fait la moue et l'elfe pleure à chaudes larmes... lorsque le sorcier ricane, tout ça... le sentiment est l'unique moyen d'agrémenter un texte, de lui offrir la profondeur désirée. Il est le seul moyen existant pour éviter la revue hebdomadaire ou le récit historique scolaire. Il existe 3 sentiments :
- la cause : souvent, on a besoin d'expliquer tel fait. Dire qu'il agit de telle manière ne suffit pas, même avec une démonstration en force de la science. On adjoint donc un sentiment (honneur/amour/stupidité/...). Besoin de plus de précisions ?
- l'effet : lorsqu'un événement s'est déroulé, il n'est pas simple de dire que ça s'arrête là. La mort du camarade n'est finalement qu'un fait parmi d'autres et le restera si l'on ne dit pas ce qu'en pense le héros. Oui, même s'il n'en pense rien, c'est un sentiment ! Il suffit de le dire.
- le décor : ce dernier sentiment n'est utilisé que lorsque le texte se ralentit ou que l'on veut faire comprendre qu'il se passe vraiment un truc important. Par exemple, vous donnez une liste d'indices : il suffit de donner deux ou trois adjectifs à un nom pour préciser que c'est lui le plus important. Le contraire est aussi vrai. On essaie ? Pas le temps. Il ne découle de rien, ne fait rien sinon permettre au lecteur de s'intégrer plus encore au texte : bref, il accompagne l'événement/personnage/idée/lieu/temps.

"Un soir de grand orage, alors que tous admiraient les splendides éclairs gorgeant la vallée, un bruit mat fit trembler les gonds de la porte et se répercuta jusqu'au salon. Les chocs rapides et intermittents firent comprendre à l'auditoire qu'une personne attendait sur le parvis. On vint ouvrir : c'était un policier." Bon, l'histoire ne vaut rien, le style est vide, mais au moins c'est rutilant, tout ça, non ?

Vous pouvez essayer d'enlever l'un de ces éléments de vos textes et vous verrez rapidement à quel point ils sont nécessaires... sauf le sentiment. Maintenant, si vous voyez d'autres points d'importance, dites-le moi ! Je serais ravi de les apprendre. Quant à savoir à quoi ils servent, cela permet de comprendre ce que je m'attend à trouver dans un texte !


Dernière édition par le Mer 28 Mar - 13:57, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: MdT 1.0, ch'tite aide pour vos historiques.   Mer 28 Mar - 13:54

Les méthodes d'écriture

1. L'imagination
Tout le monde ici vous dira qu'un texte s'écrit avec de l'imagination. La manière de l'appliquer diverge (un peu), mais je résumerais par ceci : vous trouvez une idée de base (par hasard, par malheur, par inadvertance, Paris, par Odin). Avec celle-ci, vous créez un contexte (le fil rouge) et enfin vous créez le plan (contenu d'un texte).
Plusieurs trucs pour imaginer correct :
- lire des livres, quels qu'ils soient
- argumenter sur les textes des autres
- reprendre toutes vos idées pour ne plus en faire qu'une (si si, ça marche !)
- tableau des événements/personnages/temps (un peu éculé mais toujours pratique)
- écouter de la zikmu ! (pour les français, de la musique)
Je précise que le "freestyle" (= j'écris comme ça me viens) doit obligatoirement passer par ce stade, même si vous écrivez déjà.

2. La mise en page
Attention ! Plus d'un a râlé parce qu'un texte était illisible. Ecrire d'un bloc va dégoûter, mais il y a également les erreurs à l'intérieur ! Plusieurs trucs pour écrire correct :
- faire un brouillon (sur papier ou sur ordinateur)
- utiliser le correcteur Word
- écrire des phrases courtes
- privilégier les textes au passé
- posséder une documentation (dictionnaires/bouquins de background/etc...)
- lire "les pièges" du même sujet

Voilà, ce me semblait être les deux points les plus importants. Le problème, c'est qu'il reste beaucoup à ce sujet dont l'on peut parler. Mais si quelqu'un veut une méthode quasi-certaine et indémodable pour s'assurer de réussir plus ou moins valablement un texte, il n'a qu'à utiliser le "tableau des événements/personnages/temps". Certes, les mots ne sont pas les mêmes, mais ça résume assez bien la manière d'accomplir rapidement un plan de texte.
Citation :
tableau des événements, des personnages et une échelle du temps
Vous pouvez débuter par n'importe quel tableau, mais il vous faudra les trois complets pour vous assurer l'efficacité optimale !

Evenements :
Ca consiste à donner une introduction et une conclusion au texte. Donc, cherchez le but de votre écrit, donnez-vous des limites et une ligne directrice que suivra le lecteur, ce fameux "fil rouge" .
Avec ce premier plan, tellement simple qu'on gâcherait du papier à le mettre par écrit, on peut introduire des éléments perturbateurs, des déclencheurs pour le texte. Ainsi, vous débutez avec un pauvre et finissez par un riche, ce qui implique qu'il devra gagner de l'argent. Donc, vous allez lui faire rencontrer des gens, etc...
L'ordre dans lequel vous créez ce plan n'a aucune importance, du moment que tous les éléments s'imbriquent. S'il en manque un...

Personnages :
Mettez sur une feuille tous les personnages qui vous passent par la tête pour une histoire et ajoutez-y les éléments de décor (villes, armées, lieux...). Tout ce que vous devrez utiliser dans le texte doit se trouver sur la page blanche. Ensuite, donnez à chaque élément une histoire définie, précise, afin de renforcer la part "matérielle" de votre texte. Pour les plus adeptes de la technique, il n'est même plus utile de passer par la feuille : pour ma part, j'ai toujours en tête un plan précis de mes héros.

Echelle du temps :
Afin de ne pas vous emmêler les pinceaux, il vous faudra établir une date de départ et d'arrivée. Par exemple, mon riche débute sa vie à 0 ans (on s'en fiche de la date !) et la termine à 22 (oui, on vit jeune.). Entre ces 22 ans, il me faut établir les différents événements qui vont lui survenir. Il suffit donc de tirer un long trait, d'y mettre un point de départ et d'arrivée, puis d'y adjoindre vos événements dans l'ordre.


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MessageSujet: Re: MdT 1.0, ch'tite aide pour vos historiques.   Mer 28 Mar - 13:55

Les pièges

J'ai regroupé ici les erreurs les plus fréquentes et les plus graves. La forme (=comment c'est écrit) n'intervient pas car il suffit d'un bouquin de grammaire pour se corriger. Il y aurait trop à dire, de toute manière. Le fond (=ce qui est écrit) entre donc plus en ligne de compte. J'ai classé dans l'ordre d'importance les erreurs mais, sérieusement : si l'un d'eux manque, votre texte ne sera pas vraiment bon.
N.B. I : L'expérience est pour ainsi dire l'unique moyen d'éviter ces erreurs répétitives.
N.B. II : J'exagère beaucoup mais c'est pour le bien de tous... bon pis aussi pour me défouler, j'avoue.

1. Le bourrinisme
"Soudain je tombe sur un minotaure... bon, je le meule mais cinquante voleurs en profitent pour m'attaquer. Regarde, je me suis entaillé le petit doigt en tuant le dernier !"

Le bourrinisme est une suréavaluation d'un personnage de récit visant plus à flatter l'égo qu'autre chose. Très désagréable car généralisé. A éviter absolument. Tenez, une échelle du bourrinisme en prime, pour vous faire une idée :
Citation :
0/10 : N'ose pas aller à un rendez-vous galant.
1/10 : Mieux vaut vivre lâche que mourir courageux.
2/10 : Guerrier honorable ou capitaine expérimenté.
3/10 : Il doit sauver le monde (rien que ça !?)
4/10 : Impossible de porter sa veste tant il y a de médailles.
5/10 : On lui confie toujours la quête pour sauver le monde. (subtile nuance...)
6/10 : Archaon le supplie de le grâcier, Teclis lui a tout apprit dans sa jeunesse.
7/10 : Ne se déplace jamais sans son sort d'apocalypse total et son armée personnelle.
8/10 : Deux dragons au déjeuner, trois au dîner parce qu'il est au régime.
9/10 : Le même, avec trois-quatre sauvetages du monde entre deux.
10/10 : Règles de Massues&Massacres(tm) : tout personnage à côté du héros est considéré comme mort.
Pour éviter de subir l'éternelle remarque "Et la marmotte, elle met le chocolat dans le papier d'alu !", il existe quelques méthodes assez simples :
- Oublier l'énième embuscade des cinquante gobelins pour XPer son personnage. Ca sous-entend se passer des combats ou actions inutiles.
- S'imaginer un héros (un type auquel on tient) parmi les adversaires. Radical, à mon avis la meilleure solution.
- Créer une auberge et confronter son héros avec d'autres créations aussi bourrines : notez l'état de l'auberge après passage.
- Tenter une touche de psychologie.
- Sortir en pleine rue et prendre l'attitude de votre personnage. Attention, ça fait mal.
Si malgré cela vous subissez toujours le syndrome grosbillismien, alors écrivez des histoires sur des snotlings, des esclaves ou des familiers.

2. La mise en page
"Sept chapitres en un paragraphe : ce type est un champion !"

Aérer son texte permet de faciliter la lecture, la compréhension du récit mais également de moins irriter les yeux ! Des pavés de cinquante lignes en monobloc font fuir comme la peste les lecteurs et je suis un lecteur : alors gaffe.
Subjectivement, je dirais qu'un paragraphe fait entre dix et vingt lignes. A moins bien sûr que l'on soit un virtuose de la mise en page mais comme ils sont rares, on n'en parlera pas. J'ajoute personnellement que votre chapitre de deux paragraphes sur comment votre personnage a envahi Nuln (cf. grosbillisme) n'est pas un chapitre. Dans un chapitre, on s'attend à voir au moins dix paragraphes, tout de même ! Notez également qu'un chapitre ne sert pas à couper le texte quand il est trop long mais bien à distinguer les diverses parties d'un texte. Avis aux intéressés.
Maintenant, la question ultime : comment faire pour l'éviter ? C'est pourtant simple... après dix ou vingt lignes de textes (levez les yeux de votre clavier pour voir où vous en êtes), appuyez sur [ENTER] - je répète pour ceux qui ont mal lu : [ENTER], [ENTER], >> [ENTER] << !!! - et continuez à écrire. Si vous avez appuyé suffisamment fort (sur la touche, à droite, la grosse avec une petite flèche dessus), normalement, votre traitement de texte est revenu à la ligne. Pour les chapitres, on se contentera de mettre un titre.
Et ne coupez pas n'importe où ! Séparez de préférence les événements, ne coupez pas en pleine action...

3. La ponctuation
"la bataille faisait rage un vent violent alourdit l'air le magicien se préparait à une nouvelle incantation un souffle vigoureux l'entoura murmurant des prières éteintes je m'élançais contre lui traversant la foule avec rage il me toisa lourdement"

La ponctuation permet au lecteur de reprendre sa respiration au cours de la lecture, mais également de savoir qui fait quoi et de donner une belle structure à votre phrase. L'enlever a un effet catastrophique sur la compréhension, ne faisant dans le meilleur des cas que ralentir.
Employer le point et la majuscule semble être la logique même : et bien non. Les plus pressés balancent leurs phrases à la va-vite, omettant autant de signes que possible. Je note également que le point-virgule et le double-point ne sont pas souvent usités, alors qu'ils offrent énormément de possibilités. La ponctuation est votre amie (tant que vous savez la manier) et ses virtuoses sauront vous le prouver (mais ils sont rares...).
Donc, à moins que vous soyez l'un d'eux, voici ce que vous pouvez faire pour tenter de vous améliorer :
- relire
- relire à voix haute
- vous faire relire par un tiers
- relire, juste au cas où
- aller à la cave et gueuler vos phrases comme un malade... paraît que ça marche.
- écrire moins vite
- retrouver des ouvrages scolaires traitant du sujet.

4. Les transitions
"Kitu regardait la sereine plaine d'un oeil attristé. Sa main balançait au-dessus du balcon, fatiguée. Kitu tua son quatrième adversaire et regarda la féroce mêlée avant de s'attaquer à un nouvel ennemi. La victoire était leur, Kitu fut acclamé."

La transition est la partie de votre texte utilisée pour passer d'un événement à un autre. Par exemple, si vous foutez votre personnage en prison puis que vous le faites tuer un méchant, il vous faudra expliquer comment il est sorti de prison. C'est une "transition", à moins que vous n'ayez déjà prévu quelque chose pour l'occasion.
Les transitions sont surtout utilisées pour les longs voyages ou les dîners dans une auberge. En fait, pour tout passage que l'on ne maîtrise pas, si on y réfléchit bien. Enfin bref : l'utiliser permettra au lecteur de ne pas se perdre ou de devoir ralentir dans l'histoire car la transition formera une continuité dans votre récit.
Pour un auteur, il est très difficile de deviner ce que le lecteur va trouver dans son histoire. Je propose quelques moyens de savoir si le passage est trop brusque, flou ou anachronique :
- au passage d'un paragraphe à un autre, vérifiez toujours. On ne sait jamais.
- au passage d'un chapitre à un autre, ça a de l'importance aussi.
- une fois la méga-scène passée, arrêtez d'écrire un instant pour essayer d'imaginer comment le lecteur va réagir à votre suite prévue.
- relire

5. Les solutions de facilité
"Le guerrier vaincu allait mourir mais un tremblement de terre survint alors il a pu reprendre son arme à vingt mètres de là et achever le méchant."

Le danger absolu du Freestyle est d'arriver à une fin. Vous avez engrangé des tas d'événements sans la moindre idée de leur rapport entre eux. J'ai vu des textes incapables de se terminer et leurs auteurs les abandonner parce qu'ils avaient perdu leur sens premier. Bref : lorsqu'on en arrive à un moment où on ne sait plus comment expliquer les faits, il y a fort à parier que la solution de facilité va apparaître. Notez que ça arrive aussi avec n'importe quel texte, suivant l'entrain de l'auteur.
La solution de facilité, c'est l'excuse bidon pour expliquer une action vraisemblablement ardue, voire impossible. Par exemple, si vous voulez faire sortir votre personnage d'une prison vraiment bien défendue sans idée de secours, il vous faudra employer ladite solution de facilité en lui faisant soudoyer un garde ou trouver une trappe venue de nul part débouchant sur un ancien souterrain skaven creusé sans raison. C'est extrêmement affligeant pour le lecteur qui va pleurer après avoir lu tant de lignes pour un événement aussi minable. En outre, vous allez encore plus vous enfoncer dans l'inconnu, préparant une nouvelle solution de facilité.
Bien que vous ayez tous une sainte horreur de telles solutions d'extrême dénuement, voici quelques moyens d'échapper à leur attrait charmeur digne de Slaanesh :
- arrêter d'écrire et réfléchir un instant sur les innombrables possibilités
- planifier son texte avant de l'écrire
- s'accorder qu'on ne peut plus rien faire et se laisser guider par son récit
- rajouter des tas de couches d'événements successives à sa solution de facilité : un peu comme des couches de peinture pour cacher l'aspect d'un mur.
- relire
- demander de l'aide
Dans tous les cas, ayez au moins un état de conscience : pensez à relever les yeux de votre clavier pour voir ce que vous avez écrit.

6. Le style Historique-narratif
"Manuel scolaire, page 173 : Rabelais est d'abord moine. Né en 1494 à Chinon, en Tourraine, dans une famille d'avocats, il entre dès 1510 comme novice chez les Fransiscains où il tombe amoureux de Daisie. Rabelais, d'un air béat, vient vers elle est lui dit..."

Lorsque l'auteur écrit une histoire, il a en tête (c'est souhaitable) tout l'historique de son personnage. Mais comme le lecteur ne le connaît pas encore et que le narrateur s'en fait une fierté, il va balancer aux yeux du lecteur toute sa belle connaissance en un paragraphe bien condensé. Puis il débute directement l'histoire, sans passer par la nécessaire transition (cf. transition). Allez savoir pourquoi, c'est normal pour lui.
Le changement est très brusque pour le lecteur vite déboussolé. Evidemment, puisqu'on passe d'un rythme annuel à un rythme presque journalier, voire même minuté. Bien sûr, certains utilisent le style historique puis, par une transition digne de louanges, arrivent à un style narratif romanesque. Mais dans la plupart des cas, on se plante magistralement. Normal : c'est une solution de facilité pour débuter son histoire.
Le plus simple pour éviter une pareille erreur est de ne pas parler de l'historique de son personnage dès le départ - ne serait-ce que pour laisser du mystère au lecteur - et d'engager directement le récit. Pour ceux qui ne peuvent pas l'éviter, il serait bon alors de veiller à faire une transition digne de ce nom. A indiquer aussi qu'un texte, même en saga, entièrement écrit sous le mode historique, n'est pas exclu. Il faut juste alors voir dans quel limite on peut s'autoriser des dialogues. Dans tous les cas, mieux vaut se relire pour s'assurer de ne pas avoir fait d'erreur.
Et rassurez-vous : il sera toujours temps de raconter l'histoire du personnage par les dialogues, les allusions dans son attitude ou de petits flash-backs bien camouflés. Subtile...

7. L'importance / l'insistance
"Et là, il vit sur la table une magnifique plume d'un gris vieillissant, [...]. On sentait transpirer de cet objet une force impalpable, une forme de [...] indescriptible. Il y avait dans cette plume trempée dans son pot d'encre à la forme évocatrices des [...] une forme de poésie propre à [...] qui nous charme encore. Mais Kitu s'en fichait bien pas mal."

Il faut faire la différence entre des descriptions vagues (situation générale), des descriptions cadrées (description) et des descriptions poussées (détail). Un outil utile à l'écrivain est justement la description, qui lui permet de faire ressentir au lecteur l'ambiance du texte (sentiment). Mais il y a également un autre service rendu : celui de l'importance. Passer deux cents pages sur des égoûts, comme certains virtuoses savent le faire, ne facilite pas vraiment la lecture. De même, le petit chapeau de l'elfe et sa bague assortie aux boucles d'oreilles, on s'en branle !
Plus vous décrirez un objet, plus le lecteur s'y intéressera. La description d'une porte va faire dire au lecteur qu'elle recelle un secret. Décrire un marchand en ignorant le client à côté augmente l'importance du marchand aux yeux du lecteur. On peut aussi utiliser cette méthode pour intéresser le lecteur à quelque chose puis le surprendre en faisant agir un élément insignifiant (le voleur caché derrière l'armoire qui attaque lorsqu'on décrit le bureau).
Ce n'est pas vraiment un problème... mais comme la question a été posée, je précise. Plus on décrit, plus c'est important. C'est pourquoi on critiquera si le chef ultra-important n'a eu comme description que son épée et son casque.


Bon, c'est tout ce qu'il y a pour le moment. Si jamais quelqu'un a de petites astuces pour améliorer son texte, qu'il les donne. De même pour les pièges, dont on découvre toujours de nouveaux aspects.
Je suis évidemment à l'écoute de toute critique pour améliorer cette méthode de travail.
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