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 La Geste de Dangorn de Castagne

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Mauldred
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MessageSujet: La Geste de Dangorn de Castagne   Mer 30 Juil - 16:01

Avant-propos : mon BG, celui qui est sur le site, est aussi dans le Hall des Héros. Mais c'est un BG très résumé, fait pour tenir en une page. Ici je vous livre le BG de Dangorn de Castagne en entier, celui que j'ai posté sur MondeWarhammer.



° La Geste de Dangorn de Castagne °


Chapitre Premier : La Drakwald.

De sable et d'azur à Lys d'argent, à lisière de même. Telles étaient les armoiries de Dangorn de Castagne. Après avoir traversé les Montagnes Grises avec sa fidèle monture Patapon, il était enfin arrivé dans l'Empire. Le poste de douane était juste devant lui.

Un des soldats l'interpela en reikspiel. La première fois, Dangorn ne compris pas ce qu'il lui criait. Le garde réitéra sa demande, en levant sa hallebarde de façon menaçante.

"Zoll ! Halten sie bitte !"

Le chevalier bretonnien comprit alors que le soldat disait "Douane, arrêtez-vous".

Dangorn avait étudié le reikspiel durant toute sa jeunesse et s'entraînait régulièrement à le parler avec son tuteur depuis son jeune âge, mais l'accent bretonnien et l'accent impérial n'avaient rien à voir.

Se remémorant ses leçons, le chevalier répondit dans la langue de son interlocuteur, avec une élocution hésitante :

"Le droit pour passage s'élève combien ?"

Le soldat leva quatre doigts, et montra une pièce d'argent. "Quatre pistoles".

"Pour vous voilà" fit Dangorn en s'acquittant de cette somme. Il se jura de faire des progrès en langues à l'avenir.

Le soldat lui fit signe de passer. "Vous pouvez y aller. Bonne route et que Ranald vous porte chance".

Quelques heures plus tard, il était en pleine forêt, sur la route qui traverse la Drakwald pour aller à Altdorf. Il vit un étang sur sa gauche : une aubaine ! Non pas qu'il soit friand des bains, mais sa déesse tutélaire, la Dame du Lac, apparaissait en général près des étendues d'eau stagnante. Il mit pied à terre et attacha la bride de Patapon à un arbre, puis se dirigea vers le bord du liquide transparent sur lequel flottait des nénuphars et duquel émergeait une poignée de roseaux.

Mais à peine eut-il fait quelques pas qu'il sentit une forte odeur musquée et entendit des brindilles craquer, comme des sabots foulant les sous-bois. Puis un cri, ou plutôt un bêlement rauque en reikspiel.

"Tuez-le ! Pour les Dieux Noirs !"

Quatre hommes-bêtes surgirent des fourrés alentours, leurs fourrures sales et humides sentaient le chien mouillé. Ils ressemblaient presque à des humains, mais avec de petites cornes qui dépassaient à peine de leurs crânes, un pelage abondant sur le dos et les jambes. Là où leur peau était apparente, on pouvait voir des cicatrices rituelles, des glyphes étranges gravés à même la chair. L'un d'eux portait une morgenstern, les trois autres portaient des gourdins ou des sabres rouillés sans doute volés sur des cadavres de miliciens impériaux.

Dangorn, en guerrier bien entraîné, eut le réflexe de sortir son épée à deux mains de son fourreau, et recula pour protéger son destrier. Son heaume était resté accroché à sa selle.

"Que trépasse si je faiblis !" hurla-t-il en bretonnien. Il était en bien mauvaise posture : les hommes-bêtes avaient l'avantage du nombre, de la surprise, et du terrain car Dangorn voulait rester près de Patapon, il ne pouvait donc pas reculer d'avantage. "Reculer, c'est lâcheté" se dit-il.

L'homme-bête avec la morgenstern beugla et ses trois acolytes attaquèrent, sans doute parce qu'il était leur chef et redoutaient sa colère. Dangorn baissa sa lame pour parer le premier coup qu'ils lui portèrent, un autre coup ricocha sur son armure, et le troisième lui érafla la joue quand il fit un mouvement pour l'éviter. D'un coup sec il leva son arme verticalement et trancha l'abdomen d'un de ses agresseur, qui meugla en voyant ses propres tripes se déverser sur le sol. Les deux autres reculèrent, mesurant la dangerosité de leur ennemi. Leur chef bêla encore une fois "Tuez-le, incapables !", et ils se jetèrent de nouveau sur le bretonnien.

Dangorn fit de grands moulinets avec sa lourde épée pour les empêcher d'avancer plus près, mais ce faisant il coupa accidentellement une branche basse de l'arbre auquel était attaché sa monture, et cette même branche lui tomba sur le crâne. Surpris, il trébucha sur une racine, et les trois hommes-bêtes s'apprêtèrent à l'achever.

C'est alors que le crâne de l'homme-bête portant la morgenstern fut réduit en bouillie par un puissant coup de marteau à deux mains.

"Sterben sie, Feinde von Sigmar !"

Le combattant chauve qui venait de sauver la vie de Dangorn fit tournoyer son marteau et avança pour terminer le travail sanglant qu'il avait commencé.

Les deux derniers mutants firent volte-face et prirent leurs jambes à leur cou sans demander leur reste. Dangorn se releva et courut sur les talons du prêtre-guerrier pour couper leur retraite. Les ungors furent rattrapés et sauvagement massacrés. Aucun n'en réchappa.

Reprenant son souffle, Dangorn s'adressa à son sauveur. "Merci" bafouilla-t-il.
"De rien, étranger. Je suis Lauter von Carroburg, prêtre-guerrier au service de l'église Sigmarite et Mercenaire du Reikland à mes heures. Bienvenue dans l'Empire."

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Démacleute Callister, Navigator de la Navis Nobilite, maison nomade Callister. (Dark Heresy & autres jeux basés sur WH40K)
Dash Mauldred, vampire ex-Orphanim, Ordo Dracul, lignée d'Elianka. (Star Citizen)
Dangorn de Castagne, chevalier bretonnien. (Warhammer Online & autres jeux basés sur Warhammer)

Petrus a écrit:
Défenseur de la veuve (si elle est bien gaulée) et de l'orphelin (s'il a de quoi payer).


Dernière édition par Dangorn de Castagne le Ven 11 Déc - 3:39, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:41

Chapitre Deuxième : La tragédie de Castagne.

Dangorn était né sous le signe astral de la Chèvre Sauvage et albinos, comme son oncle. Si l'on peut apprécier ce genre de détail esthétique, on pourrait considérer cela comme une chance. Mais dans la baronnie de Castagne, à la lisière du duché de Moussillon, c'était devenu le signe d'une malédiction, depuis le désastre causé par cet oncle vil et les malheurs qui se sont abattus sur la baronnie suite à cette tragédie.

***

Mauldred et Dregor, les deux frères de la famille de Castagne, n'ont jamais été en de très bons termes. Mauldred le fougueux, Mauldred le belliqueux comme les paysans l'appelaient, n'était guère très aimé de la populace, mais tous lui reconnaissaient pourtant d'inaliénables qualités : sa grande piété et son zèle dévoué à la cause de la Dame du Lac, son adresse au maniement des armes, et son sens pointu de l'honneur.

Dregor quant à lui était sage et bon orateur, en plus d'être un philanthrope. Son principal souci, contrairement à son frère, n'était pas sa ferveur religieuse ni sa valeur au combat, mais le bien-être de la populace. Malheureusement pour elle, Mauldred était l'aîné, c'était donc à lui qu'échouait la charge de gérer la baronnie de Castagne.

Lorsque son suzerain, le comte Elias d'Andragon, le fit mander pour repousser l'armée du Chevalier Noir (celui qu'en Moussillon on nomme Malbaude) Mauldred se rua corps et âme à la bataille, juché sur son magnifique Pégase Royal, qui s'appelait Plume.

Ses prouesses martiales étaient à la hauteur de son arrogance et de sa fierté, on dit qu'il fit des brochettes en empalant sur sa lance plusieurs rangs de zombies, avant de prendre de l'altitude pour les laisser tomber sur leurs congénères restés sur le plancher des vaches. Il tua même un sorcier ennemi en pleine invocation - de quel maléfice ? On ne le saura jamais - toujours est-il qu'à la fin de la bataille, alors que les cris de victoire retentissaient dans les rangs des troupes d'Elias, Mauldred sembla soudain perdre la raison.

En plein vol sur son pégase, il se mit à hurler, de rage il tira son épée et l'enfonça dans le cou de sa monture volante. Plume piqua en vrille, et s'écrasa lourdement dans un champ de betteraves.

On retrouva la monture morte et son cavalier miraculeusement en vie, cependant en train de délirer et atteint de crises de hurlements à glacer le sang. Des hommes d'armes le transportèrent sur une civière jusqu'au château de Castagne, et il sombra dans un profond coma qui dura pendant des semaines.

Durant ce laps de temps, Dregor prit les rennes de la baronnie. Lui et sa jolie femme Soizig-Brunehilde aidèrent à construire des granges pour remplacer celles que les troupes ennemies avaient brûlées, organisèrent des soupes populaires pour les plus démunis, et furent acclamés par les villageois partout où ils allaient.

Mais un soir, alors que Dregor avait invité quelques paysans à un banquet dans le château de Castagne, dans la chambre où on l'avait installé Mauldred reprit connaissance.

Après avoir retrouvé l'usage de ses membres, ignorant les escarres qui écorchaient son dos, il revêtit son armure sombre et se dirigea vers la salle de réception. Était-il outré par la vue des gueux ripaillant côte à côte avec des chevaliers dans son propre château ? Ou était-ce sa folie qui reprit le dessus ? Peut-être bien les deux à la fois ? Mauldred éviscéra les convives, les damoiselles, les serviteurs, le cuisinier, le bouffon, les ménestrels ainsi que son propre frère et sa femme.

Il n'eut pas le temps d'égorger leur fils, le jeune Dangorn, car les hommes d'armes et les chevaliers en faction dans le château, alertés par les cris de terreur et d'agonie, arrivèrent à temps. L'un d'eux, un vieux chevalier du nom de Geoffroy de Créfieu, se battit contre lui et le poussa à reculer.

Mauldred n'eut d'autre choix que de sauter à travers les vitraux d'une fenêtre pour s'échapper en émettant un rire machiavélique. Dans sa chambre ils découvrirent avec horreur ce qu'il avait fait de la bonne qui devait s'occuper de lui pendant son coma...

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:42

Chapitre Troisième : La Confrérie.

Dangorn de Castagne et Lauter von Carroburg arrivèrent à Altdorf trois jours plus tard, à la nuit tombée. Lauter proposa à Dangorn de s'asseoir dans une taverne, et celui-ci accepta volontiers.

Dans cette taverne (qui ne s'appelait pas encore "Le Squig Boiteux" à l'époque), Dangorn fit la connaissance de la Confrérie des Mercenaires du Reikland. Le chevalier posa des tas de questions à Lauter concernant cette confrérie car il avait du mal à comprendre comment un prêtre-guerrier pouvait en faire partie.

"Vous m'avez dit tout à l'heure que vous étiez 'accessoirement' mercenaire du Reikland. Comment cela est-ce possible, Lauter ? Par exemple, vous qui êtes dévoué au fondateur de l'Empire, cela ne vous dérange point de vous battre pour des tiléens ?
- En vérité, 'accessoirement' n'est pas le bon terme, c'était une façon de parler. On est Mercenaire du Reikland ou on ne l'est pas, mais on ne peut pas l'être à moitié. Comment j'arrive à concilier ma dévotion à l'Empire et mon statut de mercenaire ? C'est très simple. Tout d'abord on ne se bat pas pour n'importe qui. Nous haïssons tous le Chaos, sans exception, et nos employeurs le savent. Par conséquent, je sers également ma cause à travers mon implication dans la Confrérie, car le Chaos est la plus grande menace pour l'Empire. Tiens, voici notre capitaine, il faut que je te le présente."

Il lui montra un nain à la barbe blanche, au regard d'acier et au sourire pétillant de malice. De lui se dégageait une impression de grande sagacité et de sagesse acquise au fil des siècles. Le vénérable guerrier nain les vit et vint vers eux avec un sourire.

"Alors Lauter, tu nous a amené de la chair fraîche ? Hahahaha ! Bonsoir gamin, je suis Drugnalf Skani "Brise-Squigs" mais tu peux m'appeler Drugni.
- Enchanté, Drugni.
- Laisse tomber les courbettes, l'humain, j'aime les discussions franches et sans détour. Raconte-moi d'où tu viens et qu'est-ce que tu viens faire ici."

Dangorn lui raconta tout depuis le début. Sa décision de partir quête du Saint Graal, son périple depuis le duché de Moussillon jusqu'à la rencontre avec Lauter, en passant par ses aventures dans les Montagnes Grises. Quand il eut fini, Drugni lissa sa barbe et sorti sa pipe ornée en gromril, la bourra avec des feuilles du Mootland et l'alluma. Après en avoir tiré quelques bouffées, il fit sa proposition.

"Bon voilà, je te propose de nous rejoindre. Ecoute, si tu veux on en parle autour d'une bière."

Ce fut la première rencontre de Dangorn avec la bière naine. Le brasseur de l'auberge était un nain du nom de Kreikan, et sa fameuse bière, la Kreik'66, portait ce nom car disait-on, elle faisait 66° d'alcool... ce qui paraît peu probable pour une bière. Mais les gens de l'Empire ne tarissent pas d'éloges exagérées et de superlatifs pour décrire la bière des nains, qui est très appréciée contrairement à la bière bretonnienne qualifiée, souvent à juste titre, de "pisse d'âne".

La première chopine lui fit tourner légèrement la tête. La deuxième lui donna une sensation de chaleur et de convivialité, à la troisième il était mort de rire à la moindre occasion, et chantait à tue-tête des chansons paillardes moitié en reikspiel, moitié en bretonnien. Durant la soirée on lui présenta un parchemin et une plume. Dangorn, en pleine euphorie, signa sur le parchemin, sans chercher à comprendre ce que c'était.

Le lendemain matin, en se réveillant dans son vomi, il était sans le savoir devenu un Mercenaire du Reikland.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:43

Chapitre Quatrième : La Quête.

"Ma décision est prise, messire Geoffroy, je veux prêter le Serment de la Quête et partir à la recherche du Saint Graal.
- A votre guise, mon jeune suzerain. Je suis déjà heureux d'avoir fait de vous un véritable chevalier, je n'en serai que d'autant plus fier."

Geoffroy de Créfieu avait un sourire bienveillant, et ses yeux riaient. Il emmena le jeune baron dans la petite chapelle de la Dame du Lac près du château de Castagne, celle qu'il avait construite lui-même de ses propres mains des années auparavant avec l'aide de feu le baron Dregor.

Dangorn s'agenouilla sur les dalles de granit, en face du petit promontoire où le vieux Geoffroy avait installé une effigie en bois de la Dame et quelques bougies en guise d'autel. Geoffroy se plaça debout devant lui, une main sur le pommeau de son épée qui pendait à sa ceinture, et l'autre sur sa taille.

"Dangorn de Castagne, moi, Geoffroy de Créfieu, désormais votre vassal et ex-régent, suis témoin de votre serment. Dites-le sans faute dès à présent.
- Je dépose ma lance, symbole de devoir, je quitte mes bien-aimés,
je me départis de toute chose hormis des outils de ma quête,
Aucun obstacle ne me retiendra, aucun appel à l'aide ne m'échappera,
Les lunes ne me surprendront jamais deux fois en un même lieu,
Je me donne, coeur, corps et âme à la Dame que je cherche."

Geoffroy sortit son épée de son fourreau.

"Dangorn de Castagne, j'ai écouté votre serment et le garderai en mémoire. Puissiez-vous ne jamais le renier, ni faillir à votre devoir.
Par Saint Landouin, Saint Martrud et Saint Agilgar, vous êtes maintenant Chevalier de la Quête."

Avec le plat de la lame, le vieux chevalier toucha la tête et les deux épaules de Dangorn. Celui-ci se releva, et Geoffroy lui donna une robuste accolade, comme le voulait la tradition.

"Je compte sur vous pour veiller sur ma terre, messire Geoffroy, comme vous l'avez fait durant toute mon enfance en tant que régent de la baronnie. Je reviendrai en ayant trempé mes lèvres dans le Saint Calice, ou bien je ne reviendrai jamais.
- Qu'il en soit ainsi. C'est un honneur pour moi de vous servir, Dangorn, et je vous souhaite pleine réussite dans votre quête spirituelle. Venez, il faut maintenant faire les préparatifs."

De retour au château, ils se rendirent à l'armurerie. Dangorn emporta sa cotte de mailles, l'épée à deux mains de sa famille, son écu blasonné, son heaume à cimier, ses spallières, ses cuissardes, ses solerets à poulaines, son gambison. Dans l'armoire de sa chambre il prit une couverture, son tabard et sa pélerine de voyage. Il demanda au cuisinier de lui préparer des provisions pour le début de son périple, et de lui céder une gourdasse, un quart, une gamelle et des casseroles, ainsi qu'un briquet silex-amadou. Il réquisitionna également une bâche et des piquets. Son paquetage ficelé, il se fit des bretelles avec de la corde et il fit ses adieux à Geoffroy.


Le jeune bretonnien chevaucha à travers toute la Bretonnie jusqu'aux Montagnes Grises. Il gravit les cols et les pentes toute une journée entière, mais la nuit le surprit bien avant qu'il parvienne de l'autre côté de la chaîne montagneuse. Il trouva donc une petite grotte naturelle pour s'abriter, attacha son destrier Patapon à un stalagmite et s'endormit.

Pendant la nuit un souffle rauque le réveilla. Sa monture était nerveuse. Dangorn se fabriqua une torche qu'il alluma pour scruter l'obscurité de la grotte et déterminer la source du bruit qui l'avait réveillé. Il remarqua au fond de la grotte un petit boyau rocheux qui avait l'air de descendre plus en profondeur dans le coeur de la montagne. Brûlant de curiosité, il s'y engagea, malgré son envie de retourner se coucher. Le tunnel descendait, et descendait encore.

Après une longue descente qui dura de longues minutes à moins que ça ne soit plusieurs heures, le jeune chevalier déboucha dans une énorme caverne souterraine. Il leva sa torche et n'en crut pas ses yeux : un dragon ! Un énorme dragon aux écailles rouge vif, endormi sur un tas d'ossements et de pièces d'armures rouillées ayant dû appartenir jadis aux anciens propriétaires des os éparpillés. Une grande épée bâtarde intacte, apparemment d'excellente facture, dépassait du tas de restes. Ecoutant sa cupidité plus que sa raison, Dangorn s'empara de l'épée et remonta rapidement dans le boyau rocheux.

***

Crachemort le Wyrm de Feu rêvait... il rêvait de grillades de peaux-vertes, de brochettes d'humains et de nains bouillis dans leurs armures. Son rêve changea soudain : il rêvait du passé, de son passé. Il avait été autrefois une bête respectée, un seigneur des airs, un dieu vivant pour les peuples primitifs en contrebas des Montagnes Grises. A présent lui et ceux de son espèce étaient pourchassés comme du vulgaire gibier par tous les pathétiques chevaliers humains désireux de prouver leur valeur en affrontant un dragon. Affronter un dragon ! Pourquoi toujours un dragon ? Pourquoi pas une manticore ou une hydre ? Où étaient passés le respect et la crainte d'antan envers ses semblables ? Cette belle époque était bien révolue...

***

Quelques jours plus tard, Dangorn était de l'autre côté des Montagnes Grises.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:44

Chapitre Cinquième : L'Armure.

"Madame, calmez-vous et expliquez-nous tout depuis le début. Comment ce troll a bien pu arriver dans votre jardin ?
- Je vous l'ai déjà dit... je l'ignore ! Mon chien était là, il y a eu ce bruit horrible puis il s'est mis à aboyer...
- ...ensuite il a voulu attaquer l'intrus et le monstre l'a mangé, je sais. Puis vous vous êtes enfermée chez vous en espérant qu'un aventurier de passage viendrait vous délivrer, ça aussi je sais. Mais avez-vous une idée de ce qui a bien pu attirer un troll des marais jusque chez vous ?"

Drugni essayait en vain de glaner des informations en interrogeant la vieille dame, qui était encore sous le choc. La créature était morte, mais les dépouilles de ses victimes gisaient encore sur le sol boueux. Il avait fallu pas moins de cinq combattants endurcis pour en venir à bout, et bien d'autres avant eux avaient échoué.

"Morteburne, il a vomi sur mon armure ! Elle est en train de fondre !" gémit Dangorn, couvert de fluide verdâtre et de restes partiellement digérés.
"T'as qu'à l'enlever et prendre celle-ci, elle a pas l'air en mauvais état. A priori, elle te sera plus utile qu'à lui" remarqua Volkar en pointant du doigt le chevalier du Soleil mort qui gisait parmi les cadavres des précédents aventuriers qui avaient essayé de combattre le troll.
A travers la fente de son heaume, Dangorn foudroya du regard le ratier, outré par l'indécence de sa proposition.
"Fais comme tu veux", ajouta Volkar en voyant le chevalier bretonnien choqué à l'idée de prendre l'armure d'un héros mort, "mais moi à ta place, je retirerais bien vite ce que tu portes sur toi. Bientôt il en restera plus qu'une bouillie infâme et collante qui rongera ta peau de fillette".

Dangorn, à contrecoeur, enleva tout son attirail, et entreprit de délester du sien le corps raidi du chevalier du Soleil. L'armure était quasiment intacte, son propriétaire était mort la nuque brisée comme en témoignait le seul impact visible, au niveau de son heaume.

La vie de mercenaire n'a rien d'une partie de plaisir. On est toujours envoyé dans les endroits les plus glauques pour faire les choses les plus répugnantes, pour combattre les pires créatures et en plus de cela on se traîne une réputation de va-nu-pied sans scrupule ni loyauté. A cet instant, Dangorn se dit qu'il aurait bien voulu quitter la Confrérie. Malheureusement, il avait donné sa parole, il avait même signé un contrat l'engageant pour une durée indéfinie ! Maudite boisson ! Il aurait donné son destrier pour ne jamais avoir bu ce soir-là, trois ans auparavant, quand il avait écrit son nom sur le parchemin de recrutement, croyant que c'était pour un autographe après sa grandiose interprétation du "Curé bourré de Bordeleaux"...


Quand Dangorn eut finit d'enfiler l'armure impériale, Martin Delatour se retint d'éclater de rire.

"A ravir, monseigneur, elle vous va comme un gant.
- Merci, Martin", le chevalier albinos se demandait si c'était par franchise ou par compassion que son écuyer lui avait fait ce compliment. A vrai dire il connaissait la réponse. Il avait un peu de mal à se mouvoir dans cette armure de plates, étant habitué aux armures de mailles, plus souples. De plus il n'appréciait qu'à moitié la manie des forgerons impériaux de mettre des symboles partout : une comète à deux queues là, un soleil doré ici... Il se sentait comme un système solaire ambulant.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:44

Chapitre Sixième : Martin.

Après la petite victoire contre les quatre hommes-bêtes, Dangorn entreprit d'expliquer au prêtre-guerrier la raison de sa présence dans le Reikland.

Il avait choisi de partir en Quête du Graal pour devenir un vrai Chevalier du Graal, et ne plus être vulnérable à la tentation du Chaos. Il ne dit rien à Lauter au sujet de son oncle, préférant éviter de s'attirer des ennuis. Au lieu de cela il dit que, issu du duché maudit de Moussillon, il avait toutes les raisons de haïr le Chaos.

"Ah, je vois, et pourquoi avoir quitté la Bretonnie ? La Dame du Lac n'apparaît-elle plus dans votre royaume ?
- Il ne s'agit point de cela. Je suis venu jusqu'ici par pure curiosité. Je voulais juste voir d'autres horizons."

En vérité Dangorn avait traversé les Montagnes Grises pour une raison bien différente.

En effet il était déjà venu dans cette région, lors de la Tempête du Chaos, quand il n'était que l'écuyer de messire Geoffroy. Ils avaient tous deux traversé le Reikland en compagnie de l'ost de croisade du Roy Louen, en chevauchant vers le Middenland et les Montagnes du Milieu. A la bataille de Zundap, Dangorn avait tué son premier maraudeur, et après la défaite de la horde d'Archaon, son vieux régent l'avait adoubé Chevalier Errant.

Mais les choses qu'il avait vues à Zundap n'avaient pas laissé son esprit en paix depuis tout ce temps. La veille de son serment de la Quête, il avait eu une vision. La Dame lui était apparue en rêve, et lui avait ordonné de repartir vers l'Empire. De sa divine bouche, il avait appris le nom du nouveau champion des puissances de la Ruine, Tchar'zanek, et il sut alors que sa mission sacrée serait de combattre les serviteurs du Changement.

Lauter ne posa pas d'autres questions, peut-être avait-il d'autres soucis en tête. Il l'emmena à Altdorf, où le chevalier bretonnien fut enivré et impliqué dans la Confrérie des Mercenaires du Reikland (qu'on appelera C.M.R. par la suite, par commodité).

Quelques jours après cet évènement, Dangorn avait fait la connaissance de presque tous ceux qui étaient devenus récemment ses frères d'armes. Il apprit que la C.M.R. reposait sur un système oligarchique, et qu'à sa tête se tenait un conseil de cinq membres. A l'époque ces cinq membres du conseil étaient Drugni le nain à la barbe blanche, Volkar le ratier, l'impressionnant Gorgoth la Barrique, un ogre qui mesurait quatre fois la taille d'un homme et qui avait le rôle de "videur" de l'auberge tenant lieu de quartier général à la confrérie, Kreikan le nain brasseur-inventeur à qui l'on devait la fameuse bière appelée "Kreik'66", et Corendiel l'elfe gardien, issu d'une communauté elfique vivant dans la Drakwald.

C'est en discutant avec Gorgoth la Barrique que Dangorn comprit qu'il n'était pas le seul bretonnien dans la C.M.R..

"Entrez sans frapper, frapper c'est moi m'en charge". Voilà ce qu'on pouvait lire sur la porte de chêne massif qui obturait l'entrée du "bureau des réclamations", le bureau du videur ogre. Dangorn poussa avec difficulté cette lourde porte, qui tourna lentement sur ses gonds dans un crissement plaintif.

"Qu'est-ce qui t'amène, le chétif ?" grogna une voix grave et tonitruante. Gorgoth avait pour habitude d'appeler "le freluquet" ou "le chétif" tous ceux qui était plus petit que lui, c'est à dire tout le monde, à part les géants et les dragons. Quand Dangorn entra, l'ogre était en train d'astiquer son gourdin (sans jeu de mots douteux...).
"Oh, pardon, je ne voulais pas vous déranger..."
"Trop tard, c'est déjà fait." fit l'ogre avec un sourire carnassier, dévoilant ses dents qui faisaient presque toutes la taille d'un couteau de boucher.
"Bon, ben euh... en fait voilà, je voulais juste demander si, par hasard..."
"Accouche, freluquet, le temps c'est de la bouffe".
Les ogres considèrent souvent la nourriture comme une monnaie d'échange, et préfèrent souvent un bon cochon bien gras à des pièces sonnantes et trébuchantes.
"D'accord, je ferai vite. Il s'agit de la charte que j'ai signé il y a deux jours, j'étais un peu émêché...
- Ah ben ça on n'y peut rien, t'as signé, t'assumes. C'est comme quand t'as dit que t'allais chercher un truc... Gril... Graal... machin là."
Dangorn prit un air dépité.
"Vous avez raison, Gorgoth. J'ai prêté serment, je dois honorer ce serment jusqu'au bout... La peste soit de l'ivresse.
- Te bile pas, le chétif, c'est pas la mort non plus. On est là. Et pis t'es pas tout seul dans ton cas, z'êtes deux bretonniens maintenant dans la confrérie.
- Attendez... deux ?
- Ben oui. Un, deux" Gorgoth regarda ses doigts pour vérifier qu'il savait bien compter jusqu'à deux. "Oui, c'est ça, deux. Toi et Martin.
- Martin...
- Un petit freluquet, genre toi mais brun.
- Il me semble que je ne l'ai jamais vu.
- Il aime pas trop la bière. Alors forcément, il est jamais là quand on picole. Ou alors il est là mais il est discret. Des fois il parle mais on comprend rien."

Le soir suivant, Dangorn guetta l'arrivée de ce fameux Martin. Il s'assit à une table, face à la porte, pour voir tous les clients qui entraient. Au bout de deux heures d'attente, il commença à somnoler : la journée avait été fatiguante, il s'était entraîné hors de la ville avec les autres mercenaires, mais Martin était, lui avait-on dit, parti à Nuln depuis plusieurs jours pour une mission quelconque, et était censé être de retour dans la soirée. Dangorn imaginait que Martin devait être un chevalier, comme lui, probablement bien plus puissant et de plus haut lignage.

Une main de la taille d'un bouclier se posa sur son épaule, ou plutôt lui écrasa l'épaule. C'était Gorgoth.
"Hé, Dangorn, voilà le freluquet dont je t'ai parlé, il est revenu."

Dangorn se retourna, en se massant l'épaule. Un garçon de deux ou trois années plus jeune que lui se tenait à côté de l'ogre. De toute évidence il n'était ni noble ni chevalier, il était vêtu comme un villageois impérial, ses cheveux noirs en bataille, des traits fins, quelques boutons d'acné, et une étincelle de ruse dans les yeux, la ruse d'un renard.

"Martin Delatour pour vous servir, messire."

Martin était né à Délémont, près des Montagnes Grises. Il avait quitté la Bretonnie car il rêvait de devenir un chevalier. Dans son enfance il avait entendu des légendes de roturiers qui se faisaient adouber après un acte héroïque, et il s'était mis en tête que son destin était de suivre cette voie. Mais en Bretonnie les paysans n'ont quasiment aucune chance de gravir les échelons sociaux, ils doivent travailler dur dans les champs pour survivre, et l'impôt leur prélève les neuf dixièmes de leur récolte. C'est pourquoi le jeune Martin avait pensé qu'en menant une vie d'aventurier dans l'Empire il aurait de meilleures chances de réaliser son rêve fou.

En faisant connaissance avec Martin, Dangorn fut impressionné par sa persévérance et son abnégation, des vertus chevaleresques que lui-même n'était pas sûr de posséder. Il lui proposa donc d'en faire son écuyer, et de le former comme un jeune noble. Martin, ravi de cette opportunité, accepta sans conditions.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:46

Chapitre Huitième : le Renard et le Serpent

- Lisez l'Empire Zeitung ! L'Empire Zeitung ! En page 4, des révélations explosives sur la vie sentimentale du Reiksmarschall Kurt Hellborg ! Lisez l'Empire Zeitung ! L'Empire Zeitung ! Trois sous de cuivre seulement !

- Je vais le prendre. Voilà trois sous.

Le chevalier lança en l'air les trois piécettes, qui tombèrent aux pieds du crieur publique. Martin alla prendre un journal sur la pile, et rejoignit son seigneur. Le jeune vendeur de journaux ouvrit grand la bouche, dans une expression de stupeur, et partit en courant.

- Il a peur de ses clients ou quoi ?
- Je ne sais pas, messire, c'est peut-être la première fois qu'il voit un cheval.
Les deux compères rirent de bon cœur et continuèrent leur chemin dans Altdorf.

Dangorn tira sur sa bride et donna une légère impulsion du talon à gauche pour faire tourner sa monture dans la ruelle sombre qui menait au quartier des Docks et à la taverne du Squig Boiteux. Une fois de plus il eut cette démangeaison et porta sa main à son visage. C'était comme un rituel. Il caressa encore une fois sa cicatrice, deux traits parallèles jaunâtres qui lui balafraient la joue, comme si cela lui portait chance.

Et cela ravivait sa mémoire. Toujours le même souvenir, qui revenait parfois hanter ses rêves, la nuit.

****

Le choc fut d'une violence inouïe, la lame émit un son terrible au contact du bouclier de l'élu, comme un hurlement de terreur mais bien plus déformé, l'élu profita de cela pour mettre un coup de garde dans le nez de son adversaire, c’est là qu'il réalisa un détail au sujet de son ennemi. Celui-ci recula, le nez déformé et en sang. Outré par cet affront, le noble chargea de nouveau droit sur l'élu, en position pour son estoc préféré, à la bonne distance il commença à frapper de tout ses forces une fois puis deux, trois, quatre fois.

L'élu para la première fois avec son épée, qui tomba à cause de la violence du coup, le reste fut intercepté par son bouclier, qui fini par céder pour se fendre en deux. L'élu déstabilisé par attaque, etant à genoux et désarmé, Dangorn de Castagne crut le combat gagné, il lança son épée a deux main avec tout le peu de forces qui lui restait vers le cou de l'élu, totalement désarmé. Le Bretonnien ne réalisa pas tout de suite ce qui se passa, l'avant-bras de l'élu se dressant en travers de la trajectoire de l'épée, le son strident qu'elle fit en déchirant le métal corrompu, puis celui étouffé de la chair en train de se faire broyer, et pour finir le long râle de douleur du champion du chaos, de sang jaunâtre coulant de ses veines ouvertes.

« Comment ? Ce n’est pas possible » se dit le héros de l’ordre pour lui-même.

Linnavouable avait mal, il était fou de rage à cause de sa douleur. Son faible adversaire avait l'air décontenancé par son action. L'élu profita de ce répit pour se relever, prendre son épée au sol et détacher sa masse de sa ceinture. Puis aussi rapidement qu'il le put, il évita l'énorme lame dirigée vers sa poitrine. Emporté dans son élan, Dangorn passa devant lui, l'élu lui assena un grand coup de masse sur l'épaule, qui fut amortie par son épaisse armure. Se retournant avec vigueur, le chevalier lui lança une attaque avec son épée tenue d'une main qui entailla la cuisse de son adversaire. Le guerrier du Chaos désormais a genoux, il lui lança un magistral uppercut, qui envoya son heaume voler à plusieurs mètres de là.

Dangorn de Castagne vit un instant des étoiles danser devant ses yeux, et un voile noir obscurcir sa vision. Mais il se ressaisit : il devait toujours tenir son adversaire en garde, il en allait de sa vie. Son épaule lui faisait un mal de chien, il était fatigué, blessé mais pour rester en vie, il devait continuer coûte que coûte, il devait avoir le chaotique en vue. Se retournant il aperçut le casque de ce dernier par terre. Il leva les yeux pour regarder le visage du champion. Il fut pris de nausées en voyant ce spectacle horrible. Son visage ne comportait plus de globes oculaires et ses paupières étaient cousues, sa langue garnie de dents acérés et de bouches hurlantes ressortaient telle un serpent, de sa bouche sans lèvres.

« Je te connais » hurla-t'il « C'est toi, monstre, te souviens-tu de moi ? »


*****

Cinq ans plus tôt, alors qu'il n'était qu'un écuyer, Dangorn avait accompagné son maître et tuteur à la Guerre Sainte contre la Tempête du Chaos qui menaçait de faire tomber Middenheim. C'est lors de la bataille de Zundap qu'il avait tué son premier chaotique, un immonde adepte du Dieu des Plaisirs. Mais c'est aux portes de la Cité du Loup Blanc que se déroula le plus gros et le plus intense conflit qu'il lui ait jamais été donné de voir. Les armées des Quatre unis sous la bannière de l'Apocalypse, tenue bien haut par Kordel Shorgaar, et à leur tête le terrifiant seigneur de la Fin des Temps, Archaon.

Alors que la bataille faisait rage, il vit son bien-aimé Roy Louen Coeur-de-Lion charger héroïquement le Prince-Démon Be'Lakor. Tous ceux qui avaient survécu à cette guerre s'en souviendraient à jamais.

A un autre moment de la bataille, plus tôt dans le conflit, il avait rencontré Linnavouable.


******

Avec le poids de ce souvenir, la fatigue, la douleur, c’en fut trop, il se plia en deux et vomit.

Linnavouable se trouvait à quelques pas du pleurnichard. Il s'approcha en boitillant, son corps entier hurlant d'une fraîche douleur, et il se prépara à le tuer. Il lança sa lame mais l’arrêta à quelque centimètres de la nuque du chevalier. Le détail. Il devait vérifier le détail qu'il avait remarqué. D'un geste brusque, il souleva son adversaire du sol pour porter son visage au sien. Les yeux bleus de Dangorn avaient l'air de particulièrement l'intéresser. Cela ne pouvait pas être une coïncidence, il l'avait déjà vu, et aujourd'hui il l'avait à sa merci.

« Pourquoi, pourquoi ne m'achèves-tu point, monstre ? » hurla le bretonnien, pleurant de douleur et de rage, un filet de vomi et de sang reliant sa lèvre à son menton.
« Tu es marqué de la couleur de mon Dieu, bientôt tu auras l’honneur de le servir »

L’élu leva son épée et appliqua la pointe sur la joue du chevalier. Il entailla la chair, et Dangorn ne put réprimer un grognement de douleur. Linnavouable traça deux traits parallèles, et la peau coupée se mit à saigner.

« Désormais, tu appartiens à Tzeentch quoi que tu entreprennes. Tu es maudit. »

Dangorn de Castagne fut lâché sans ménagement, il tomba à terre inconscient et laissé là, pour mort.

****

Il avait finalement réussi à retourner auprès de ses frères d'armes, et à défendre ce qu'il restait du convoi qu'ils devaient escorter.
Lui-même ne comprenait pas pourquoi le guerrier du Chaos l'avait épargné. Et le sens de cette marque... est-ce une signature ? Ou bien une rune recelant quelque pouvoir magique ?

Peu de ses compagnons l'avaient remarquée. Une cicatrice, ce n'est point chose rare sur le visage d'un guerrier. C'était même un objet de fierté pour certains, qui passaient de longues soirées au coin du feu à raconter comment ils avaient eues l'une ou l'autre de leurs entailles, à grand renfort d'exagérations pour impressionner leur auditoire. Mais Dangorn n'avait pas envie de raconter l'histoire de cette double-balafre. A coup sûr on lui poserait des questions auxquelles il n'avait pas envie de répondre.

Alors qu'il était plongé dans cette réflexion, Martin poussa un cri affolé.

- Regardez, messire ! C'est vous, à la une du Zeitung ! L'article est en page deux !

Dangorn arracha le journal des mains de son écuyer en voyant les gros titres, et n'en crut pas ses yeux.

- Bon sang, le Grand Théogoniste est en fait un travesti ! Je m'en doutais !

Puis, lisant un peu plus bas, il vit les autres articles. En page deux, il put lire l'accusation dont il était la cible. Son teint déjà pâle devint livide, puis rouge cramoisi. Martin crut même voir de la fumée sortir de ses oreilles.

- ... Moi, un paysan chaotique ? Et puis quoi encore ? Pourquoi pas l'empereur Karl Franz pendant qu'on y est ? Mortecouille, je suis sûr que c'est un coup de cette pimbêche de Sigmaris ! Elle a dû écrire à ce torchon parce qu'elle est jalouse de mon titre de noblesse car ses parents bourgeois ont acheté leur particule "von" pendant les soldes de Sommerzeit ! J'espère que tu ne crois pas ces balivernes, Martin ?

- Messire, je crois que si vous aviez été corrompu par le Chaos, j'en aurai été le premier averti. Mais vous encourez de graves de ennuis, et moi aussi car on m'a vu avec vous, si des répurgateurs tombent sur cet article et vu le nombre de gens qui lisent l'Empire Zeitung, ça ne devrait pas tarder.

- Tu as raison. Mais se cacher est une conduite lâche. Je dois agir. Trouvons l'auteur de cet article et nous nous expliquerons lui et moi en duel.

- Le tuer pourrait prouver votre culpabilité aux yeux de tous. Je suggère de l'obliger à écrire un démenti.

- Bonne idée Martin. Mais avant il nous faut prévenir les mercenaires du Reikland, nous aurons besoin de leur soutien.

- Vous ne pouvez retourner au Squig Boiteux, c'est trop risqué, les répurgateurs sont peut-être déjà dans les parages. Mais écrivez-leur un mot et j'irai le glisser sous la porte de l'auberge pendant que vous vous cacherez. Ensuite nous les suivrons discrètement, ils nous mèneront à notre but.

- Comment en es-tu sûr ?

- Faites-moi confiance, messire.

Et en effet, à peine quelques minutes après que Martin ait glissé furtivement la lettre de Dangorn sous la porte de la taverne du Squig Boiteux, la CMR au grand complet en sortit et se dirigea vers la Grande Imprimerie Impériale.

- Tu es certain qu'ils savent ce qu'ils font ?

- Oui messire, ils vont sans doute demander l'adresse du journaliste à l'imprimeur, c'est le plus logique.

- Je comprends maintenant pourquoi ton blason est un renard, Martin Delatour de Délémont. C'est un animal rusé.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:50

L'Imprimerie Impériale. Un grand bâtiment, pas aussi grand que la fabuleuse Cathédrale de Sigmar ni que l'École d'Ingénierie, mais tout de même plus grand que les maisons qui le jouxtaient, avec une grande chaudière qui dépassait du toit, et des cheminées de cuivre crachant de la vapeur à longueur de journée.

Ils y étaient arrivés. La Confrérie des Mercenaires du Reikland au grand complet avait répondu à l'appel à l'aide que Dangorn et Martin leur avaient fait parvenir par courrier. Quand ils entrèrent à l'intérieur, ils virent les machineries chromées et les grands réservoirs d'encre, les lourds rouleaux de vélin qui se faisaient dévorer par l'énorme "Editrice-Encreuse de Périodiques Motorisée par Vapeur et à Productivité Accrue", aussi appelée "l'Imprimante" par les ouvriers.

Leur entrée ne passa pas inaperçue, et l'un des travailleurs quitta son poste de surveillance pour accueillir les mercenaires.

"Bonjour, je me nomme Gerhard Irgendwer et je suis le sous-chef de ce secteur de l'Imprimerie. Que puis-je faire pour vous ?"

Comprenant que la vision d’une troupe d’hommes en armes débarquant à l’improviste pouvait être effrayante pour cet homme Alana retira son capuchon, dévoilant ainsi un sourire amical à Gerhard.
"Bonjour, n’ayez pas peur, nous sommes juste, euh… des hommes du Baron von Erckert. Notre seigneur nous envoit délivrer un message à votre chef, est il ici ? C'est important."

"Mon chef ! Ah ben c'est qu'à c't'heure ci, ma bonne dame, mon chef n'est pas là. Mais j'peux p'tet' vous aider ? Répondit le vieux en se grattant le câne. D'ailleurs vous n'êtez pas l'premier à venir ici c'soir, y a un drôle de gars qui était là y a à peine dix minutes... Un gars avec un accent bizarre, vous voyez c'que j'veux dire, et puis il avait une longue tignasse toute blanche... Pourtant je ne lui aurais pas donné vingt cinq ans."

A cet instant les mercenaires se regardèrent tous avec surprise.
Älexis jeta un oeil discret à Sojiro puis s'adressa a Drugnalf.

"Captain' je crois qu'il parle de Dangorn..."

Puis se tourna vers le responsable de l'imprimerie.

"Et qu'est ce qu'il voulait 'ce gars' ? Que vous a t'il dit ?"
Le répurgateur scrutait le sous-chef du air inquiet.

"Hmmmm... Laissez moi m'souv'nir... Le vieux se caressa la barbe comme s'il était plongé dans une profonde réflexion. Ah oui ! Il cherchait un homme ! Je n'ai pas tout compris mais il m'semblait bien pressé. D'ailleurs il n'arrêtait pas d'jeter des coups d'oeil nerveux au d'ssus d'son épaule. Moi j'dis ce gars là n'était pas net. Vous d'vriez le trouver, il a pris l'avenue là ! La maison qu'il cherche est juste à côté de la libraire du vieux Horace. Vous n'pouvez pas vous tromper, c'te vieille bicoque jure tellement sur c't'avenue qu'elle ne passe pas inaperçue. Il y a un corbeau mort accroché à la porte... J'vous conseil de ne pas traîné trop près de c'te maison, certains disent qu'il s'y passe de drôles de choses et la nuit il n'est pas rare d'y voir d'étranges lumières et d'entendre des voix..."

Le vieillard semblait tout à coup pris de panique rien qu'en évoquant ces faits aux mercenaires.

"J'espère que Mórr aura pitié d'vous !"

"Mercenaires tâchons de rester prudent ! Ordonna Drugni à la petite troupe. Alana et Arnwald vont rester en tête de groupe, je fermerai la marche. Hâtons nous ! Nous avons une chance de retrouver notre ami avant qu'il ne lui arrive des problèmes !"

En sortant de la bâtisse, Drugni tomba nez-à-nez avec un homme d'une carrure impressionnante. Il semblait assez âgé, au vu de ses cheveux grisonnants coupés très courts, et de ses nombreuses rides profondes - ou bien étaient-ce d'anciennes cicatrices ? - il n'en inspirait pas moins une grande force physique, et son regard sous son chapeau à large bord avait la couleur de l'acier. Il en avait aussi la dureté.

L'homme n'était pas seul, il était accompagné d'une suite plutôt hétéroclite : deux bourreaux aux muscles saillants et au visage masqué sous un capuchon cônique en cuir, un prêtre de Mòrr, un porteur bossu encombré de bagages d'une taille et d'un poids impressionants, un gringalet borgne qui arborait un sourire malicieux et surtout un énorme tromblon à répétition, et une femme d'une beauté peu commune dans sa magnifique robe rouge, ses longs cheveux bouclés étaient orange vif, et ses lèvres pulpeuses aurait donné des pensées impures à un saint. Mais ses pupilles dilatées et ses dagues incurvées à sa ceinture laissaient supposer qu'elle ne devait pas être inoffensive, elle non plus.

"Gute Nacht, messieurs-dames" leur adressa le grand homme avec le chapeau tandis que le reste des mercenaires sortait du bâtiment. Sa voix était comme milles épines de glace. Il n'avait pas esquissé un seul sourire, ni d'ailleurs la moindre expression. Son visage était rigide comme un masque de pierre, et aussi expressif qu'un bout de bois mort.

Sans prêter apparemment la moindre attention aux mercenaires qui en sortaient, le grand homme et sa suite les laissèrent là et entrèrent à leur tour dans l'Imprimerie.

Karak, Alexis et Alana avaient déjà distancé le reste des mercenaires et se trouvaient maintenant devant la maison indiquée par l’imprimeur.
"Ça doit être ce bâtiment."

La guerrière fantôme se jeta sur la porte tout en actionnant la poignée frénétiquement.

"C'est fermé !"
A ce moment se tournant vers les autres elle sembla se rendre compte qu’ils n’étaient que trois.
"Où sont les autres ? Bah ! Qu’importe, nous n’avons pas le temps d’attendre. Karak, Älexis Enfoncez moi cette porte !"

"Qui va là ?" fit timidement une voix à la fenêtre au-dessus de la porte. Un visage apparu entre les volets. Celui d'un homme rondouillard, portant des lunettes, avec une tignasse de cheveux châtains ébourriffés. Cet homme vit la bande de fous furieux qui n'avaient même pas frappé et essayaient de défoncer la porte, et son sang ne fit qu'un tour.

"Que me voulez-vous donc ? Allez vous-en, bande de malapris ! Déguerpissez ou vous recevrez du plomb, et cessez de maltraiter ma porte !"

Voyant l'homme armé Älexis usa de la ruse pour entrer. Il profita du petit nombre qu'ils étaient pour baratiner le vieillard.

"Oh ! Vraiment désolé nous pensions que... vu l'état de la maison heu... elle était abandonnée, oui c'est ça abandonnée, il est vrai que trois 'simple inspecteurs' comme nous n'avons pas à défoncer une porte de la sorte, veuillez nous en excuser. Nous recherchons une personne très importante qui aurait apparemment un lien avec votre maison. Pouvons-nous entrer ?"

Sur ces mots Älexis fit une grimace en attendant la réponse, comme si il avait un mauvais pressentiment.

La tête du binoclard disparut de l'encadrure de la fenêtre, pour réapparaître presque aussitôt accompagnée d'une main brandissant un pistolet.

"Une personne importante ? Je suis journaliste pour un grand quotidien de l'Empire, j'écris sur plein de gens importants ! Si c'est un de mes articles qui vous dérange, plaignez-vous donc à l'imprimeur ! Moi, je ne fais que mon travail ! Et n'essayez pas de me faire croire que ma simple personne vous intéresse, je ne suis pas dupe ! Allez, ouste, du vent !"

Il y eut une soudaine détonation. Une dalle aux pieds de Sojiro éclata. Le journaliste à lunettes souffla sur l'embout fumant du canon de son pistolet.

"Ceci est un coup de semonce pour vous montrer que je ne rigole pas."

Les autres mercenaires arrivèrent à cet instant.

Karak Alaric remit rapidement en joue celui qui avait avoué être rédacteur. "Encore un coup comme ça et tu vas descendre de ton perchoir par la voie rapide, compris ?"
Se retournant vers les mercenaires derriere lui, il leur lança :
"J'dis qu'on défonce la porte et on essaye de le choper vivant, vous êtes d'accord ? Enfin, si vous voulez continuer à négocier, pourquoi pas, mais vous aurez du mal à me surpasser, si ça n'a pas marché avec moi, il y a peu de chance que ça marche avec vous. M'enfin, si vous voulez essayer..."

Arnwald venait de rejoindre la tête du groupe, lucide mais en proie à une intense fatigue.

Il vit alors ce qui venait d'avoir lieu, et s'approcha. Il remarqua que la situation tendait à échapper au contrôle du groupe. Que faire ? Il n'avait pas envie de blesser cet homme qui, après tout, était peut-être innocent.

Soudain le bois en contact avec la serrure de la porte d'entrée prit une teinte foncée, puis noirâtre, avant de virer au gris, couleur de la cendre, pour enfin tomber, entraînant dans sa chute les pièces qui retenaient la porte à son cadre.

"Il me semble que la porte d'entrée est ouverte." dit-il.

***
Sur le toit de la maison, deux silhouettes noires se découpèrent sur le nimbe nocturne, éclairci par les lueurs de la ville. Les entendant marcher sur le toit, le journaliste rentra la tête et ferma précipitamment ses volets.

Une seconde plus tard, des coups de feu furent tirés vers le haut à travers les ardoises du toit, dont plusieurs éclatèrent. Les deux formes sombres tombèrent à l'intérieur lorsqu'une partie de la fragile toiture s'effondra.

***

Lorsque la porte d'entrée fut réduite en cendres, les mercenaires purent voir à travers la fumée un petit corridor, et au fond de celui-ci, une autre porte. Devant cette seconde porte, un petit paillasson affichait un accueillant "Willkommen". Sur les murs du corridor, une série de tableaux, les portraits d'illustres inconnus, étaients accrochés.

Les mercenaires du Reikland se ruèrent à l'intérieur avant de ressortir précipitamment quand Karak Alaric, l'ingénieur nain, décida d'utiliser son lance-grenade artisanal pour faire sauter la deuxième porte.

*BAOUM !*

La CMR s'engouffra dans la maison avant même que le nuage de poussière ne soit dissipé.

"Paix, mes amis ! Il n'y a que moi et mon escuyer dans ceste pièce !"

Couvert de poussière par l'explosion, Dangorn de Castagne était tombé derrière un canapé du salon. La tête ébouriffée de Martin surgit presque aussitôt à côté de lui.

L'explosion n'avait pas seulement soufflé la porte, elle avait également fait tombé tous les tableaux, fissuré les murs et ébranlé les poutres de la maison qui commençaient à grincer dangereusement. De petits morceaux du plafond tombaient par intermittence. Le paillasson de bienvenue avait été pulvérisé, et là où il se trouvait on pouvait voir la trace d'une clef qui s'était trouvé dessous, à présent fondue dans le sol.

Dangorn n'émit aucun commentaire à propos de la subtile finesse dont venaient de faire preuve ses frères d'armes. Il s'épousseta, cracha de la poussière, et s'empressa d'informer ses confrères de la situation.

"Le journaliste s'est enfui par cette trappe alors que nous tentions de le poursuivre Martin et moi."

Il désigna alors une poignée qui dépassait du tapis à moitié brûlé au centre du salon. Le chevalier la tira vers le haut, et descendit par la trappe.

Au sous-sol, il s'agissait apparemment d'une cave, mais un énorme trou dans l'un des murs dégageait une odeur pestilentielle. Il ne faisait aucun doute qu'il menait droit aux égoûts de la ville.

"Par la barbe de Grimnir..." Les mots du vieu nain moururent dans un bref murmure.

Drugni entra dans la maison qui était en bien piteux état, il maugréa quelques instants sur la piètre qualité de la maçonnerie humaine puis tourna son attention sur les autres mercenaires.

Dangorn comme à son habitude avait fait une entrée fracassante, accompagné de son fidèle compagnon Martin. Le jeune chevalier était toujours plein d'entrain et avait gardé ce caractère fougueux qu'on les jeunes hommes.

"Joli tir Karak..." Dit-il en félicitant son frère d'arme en employant un ton quelque peu ironique. La discrétion n'était plus de mise dans le groupe et il se doutait que dans peu de temps la garde surgirait pour mettre son nez la dedans. A présent il allait se jeter à la poursuite de ce journaliste dans les égoûts.

"Hmmmm... Voilà qui est bien plus plaisant, une petite visite dans les égouts, vous allez voir l'ouvrage nain dans toute sa splendeur et là il n'y aura aucun risque d'effondrement." Comme pour corroborer ses dires une poutre s'écroula le manquant d'un cheveux.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:51

"Bonjour Sojiro et les autres, répondit Dangorn lorsque tous les mercenaires furent passés par la trappe. Maintenant que vous êtes là, j'apprécie votre compagnie mais dans ma lettre j'avais pourtant bien montré mon désir de m'en occuper seul avec Martin. Enfin trève de parlotte, nous avons un ennemi commun à...

"Quel ennemi commun ? L'Empire ?" intervint sèchement une voix glaciale, que tous à part Dangorn et Martin purent reconnaître aisément. L'inquisiteur et sa suite venaient de sauter par la trappe, toutes armes dehors, et menaçaient le groupe de mercenaire.

"Il n'a pas été très ardu de vous suivre, tant votre effraction a été bruyante. De surcroît nous avons posé quelques questions à l'Imprimerie, et visiblement nous n'étions pas les premiers à les poser. Vous cherchez à porter secours à votre ami corrompu, c'est une évidence."

"Qui êtes-vous donc, messire ?" demanda Dangorn, qui devinait déjà la réponse.

"Je suis le seigneur inquisiteur Esteban Lust, et voici mes subalternes."

Disant cela, il désigna la magnifique femme rousse, les deux bourreaux, le gringalet moqueur et son tromblon, le prêtre de Mòrr et une dizaine d'hommes de mains armés de torches, de masses ou de dagues. Le porteur de bagages bossu était là également.

"Je vous ai surpris en flagrant délit de conspiration. J'imagine, puisque le chevalier chaotique est ici, que vous étiez sur le point d'aller faire en sa compagnie quelque rituel impie dans les égoûts de notre belle capitale."

Martin, indigné, ouvrit la bouche pour protester, mais l'inquisiteur ne lui en laissa pas le temps.

"Inutile de me contredire, je sais que vous allez mentir pour échapper à votre juste punition. Heureusement j'ai prévu quelques outils pour délier les langues et m'assurer d'entendre la vérité."

Le porteur bossu posa alors un par un les coffres et les valises qui étaient sur son dos, et les ouvrit. Ils contenaient tout un attirail d'instruments de torture, dont une sorte de tenaille, une boule hérissée de clous, un crochet à la courbure étrange, ainsi que des seringues et des fioles contenant des produits à l'aspect peu engageant.

"Ma chère Armengild ici présente vous fera tester tous ces jolis jouets."

La femme rousse s'avança et se passa la langue sur ses lèvres rebondies, les rendant luisantes de salive. Ses pupilles étaient dilatées dans ses immenses yeux clairs, et elle fit un clin d'oeil à Sojiro, mais bien qu'elle souriait ce n'était pas un clin d'oeil amical. Celui-là signifiait plutôt "tu vas souffrir atrocement".


C'en était trop pour Arnwald. Le sorcier flamboyant ne put contenir sa rage, et succomba à ses pulsions.

Il tressaillit un instant. Se produisit alors ce phénomène que l'on nomme combustion spontanée. Son pardessus prit feu et disparut en un rien de temps, consumé par les flammes, il laissa la place à une magnifique robe de sorcier, celles que portent les membres de l'Ordre Flamboyant, aux couleurs chatoyantes, orange, jaune et rouge. Elle semblait résister aux flammes. Pour la première fois, Arnwald n'avait pas l'apparence d'un misérable vagabond, c'était un sorcier qui se tenait là. Les clés qu'il portait accrochées à des chaînettes d'or en témoignaient.

L'ensemble de la pièce fut soudain illuminé comme si le jour s'était levé sous terre. Bizarrement, Arnwald ne parlait plus en Reikspiel, mais en Langage Obscur. Les mots qui sortaient de ses lèvres, certainement des formules magiques, étaient prononcés d'une voix méconnaissable, qui n'était en rien comparable à celle du sorcier, grave et monocorde, elle résonnait sur les murs de la pièce close. Leur écho se répercutait, et la litanie entamée avait quelque chose d'effrayant.

Arnwald leva le bras gauche, au creux de sa main une boule de feu commença à prendre forme. Elle grossit et sa taille atteignit bientôt le double de la main du sorcier, qui la lança dans la direction d'Esteban Lust et de ses acolytes.

L'inquisiteur Lust avait éclaté d'un rire cruel lorsqu'Arnwald commençait à se consumer.

- J'avais vu juste ! Ce sorcier doit être leur Magister !

Lust tira sa rapière ornementée de son fourreau, ainsi qu'un pistolet ouvragé, sûrement de facture naine.
La boule de feu grossit dans la main d'Arnwald et se précipita sur Lust, mais le prêtre de Mórr - ou ce qu'il semblait être - s'interposa et arrêta net le projectile incandescent de la main comme s'il s'agissait d'une simple boule de neige lancée par un enfant.

- La prochaine fois, Magister, ricana Lust, c'est sur ton bûcher que tu nous éblouira de tes flammèches ! Werner !

Le gringalet souriant devait s'appeler Werner, puisqu'il réagit immédiatement à l'appel de son nom. D'un seul geste d'une rapidité et d'une fluidité inimaginable chez un garçon d'apparence aussi frêle, il chargea et leva aussitôt son tromblon à répétition vers Petrus, ses canons multiples pointés droit sur la poitrine du mercenaire. Il appuya sur la gâchette et son arme tira.Les autres suivants de l'inquisiteur se mirent en position de combat et chargèrent.

La femme rousse se révéla être une experte en arts martiaux nippons. Exécutant une danse d'une grâce et d'une vivacité hors du commun, elle esquivait les projectiles et les coups avec une facilité déconcertante, et se servait autant de ses dagues effilées que de ses talons ou d'autres parties de son corps de rêve pour tuer ou au moins provoquer une douleur horrible. Chaque fois qu'un de ses coups blessait ou que par mégarde elle laissait une lame traverser sa garde pour lui entailler légèrement la peau, elle émettait un petit cri d'extase ou un soupir d'aise, comme si la souffrance d'autrui ainsi que sa propre douleur étaient pour elle une grande source de plaisir.De plus, son parfum était bigrement enivrant. Il donnait presque envie d'accueillir la mort sans se défendre, juste pour que cette senteur soit la dernière que l'on puisse renifler, tant elle était suave.

Le prêtre de Mórr n'en était pas un. Il faut dire qu'entre un prêtre du dieu de la mort et un maître sorcier d'Améthyste, la différence n'est pas forcément frappante à première vue. Les deux ont une apparence sinistre et sont vêtus de tons sombres. Mais à la différence d'un prêtre, un sorcier de la Mort détient la connaissance des arcanes de Shyish.

Alors que les hommes de main de Lust se jetaient sur les mercenaires, il lança un des sorts les plus redoutés de son domaine : le terrible Fatalitas.

Instantanément, un vent glacial fit chuter la température de l'air dans la portion d'égoûts et la cave où les combats faisaient rage. Il sembla que l'espoir quittait peu à peu les esprits...

"Khazukan Kazakit Ha ! Khazuk ! Khazuk ! Khazuk !" rugit Drugni quand les hommes de Lust chargèrent. Il pu voir la démence illuminer leur regard alors qu'ils se jetaient sur les mercenaires. Le seigneur inquisiteur avait modelé leur esprit et en avait fait des êtres assoiffés de rage et d'une haine qu'ils ne pouvaient contenir.

L'un d'eux se jeta sur le vieux nain, il ne semblait pas payer de mine mais il percuta le capitaine des mercenaires et le fit chuter à terre. Drugni roula sur le sol et esquiva un coup de masse. Il se releva avec précipitation et donna un coup du manche de son marteau dans l'abdomen de son adversaire. Ce dernier se crispa plié en deux tandis qu'il suffoquait.

Drugni lui jeta un regard sombre et s'apprêtait à lui donner le coup de grâce quand un autre homme vint à sa rescousse. Le nain esquissa un sourire carnassier en se rapprochant de ses adversaires et entama un chant de guerre nain. Cela ne faisait que commencer !

Les paroles prononcées par Lust ravivèrent la rage déjà intense éprouvée par Arnwald. Il fallait que cet homme meurt, il était l'avatar de l'inquisition qui lui avait tout pris et se trouvait à nouveau sur son chemin.

Lorsque la troupe adverse chargea, les hommes se rapprochant dangereusement, il ne put terminer son incantation, et dans un sourire qui découvrit ses incisives, il s'arrêta un bref laps de temps, puis reprit. Il tendit les bras devant lui, et en jaillit une seconde boule de feu, qui explosa en plein milieu des rangs ennemis, dans une détonation assourdissante.

Il était alors en pleine incandescence, des flammes nimbaient son visage et ses orbites étaient vides et clairs, comme la base des flammes. Des vapeurs soupaient ce chacun de ses pores. Quelques secondes plus tard, une épée de flammes, l'épée ardente de Rhuin, se matérialisa entre les mains du sorcier, transfiguré.

Il avançait, muni de son arme magique d'un pas sûr et décidé. Il se dirigeait inexorablement vers le Seigneur inquisiteur, blessant tous les hommes qui tentait de le freiner dans sa course, cautérisant immédiatement les plaies ainsi occasionnées. Rien ne semblait pouvoir le freiner. Chaque entaille, chaque cri de douleur le rendait heureux, pourvu qu'ils souffrent autant qu'il ait souffert, et plus encore ! Une fois son adversaire atteint, il engagea la bataille, silencieux. Il souriait plus intensément.

Contrairement à ce à quoi on aurait pu s'attendre venant de ce sorcier qui n'avait absolument rien de la carrure ni de la musculature d'un guerrier, il faisait preuve d'une grande agilité, d'une force surprenante au vu de son gabarit et d'une maîtrise de son arme dont il n'avait pas à rougir, bien qu'on devinât aisément qu'il n'était pas bretteur. La joie qu'il éprouvait atteignit son paroxysme à l'instant où il réussit à déjouer un moulinet de son adversaire, et à lui ouvrir le poignet. La mimique de douleur de l'inquisiteur le fit éclater de rire. Lui aussi était blessé, mais il ne sentait rien, sous l'effet des flammes, chaque saignement était stoppé de manière immédiate, produisant un bruit identique à celui de l'eau versée sur un foyer, pour l'éteindre.

Cependant, celui à qui il faisait face faisait montre d'une aptitude largement supérieure au maniement de sa lame, et réussit à transpercer le flanc d'Arnwald. Ce dernier, qui riait toujours, prit en main la lame de cette rapière qui meurtrissait ses chairs sans douleur aucune, abandonnant l'arme offerte par l'Aqshy. Les deux mains fermement serrées sur la lame de son adversaire il commença de parler. Lui-même ne savait pas ce qu'il disait. Un expert en Langage Obscur aurait alors entendu "Tu dois mourir !"

Le métal qu'il tenait se mit à rougir, puis devint orange, et enfin jaune, avant de débuter de fondre en dégageant une fumée et une odeur que les forgerons connaissent bien. La chaleur conduite jusque dans la main de Lust traversa son gant et calcina sa poigne, ce lui fit lâcher prise, dans une mimique de souffrance. Au même moment, la poudre du pistolet qu'il tenait dans l'autre main prit feu sous l'effet de la température, le coup partit, dans la jambe gauche du sorcier qui s'effondra, puis se releva.

- Tu en veux encore ? Le Chaos t'a vraiment rendu fou, sorcier.

Lust prit un autre pistolet dans une poche de son pardessus, et pointa à nouveau son arme sur Arnwald.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Jeu 31 Juil - 0:52

Du fond des égoûts, des pas résonnaient depuis un moment, mais personne ne les avait entendu à cause des combats. Les mercenaires et les hommes de main médusés purent voir surgir du tunnel un impressionant guerrier en armure du Chaos, ainsi qu'une quinzaine de cultistes affublés de mutations toutes plus horribles les unes que les autres.

- HA HA HA ! Quel plaisir de voir ses ennemis s'entretuer. Mais moi aussi j'ai envie de jouer à présent. Tu peux venir, Millénia.

La jeune femme rousse fit une élégante roue pour passer entre les hommes de main hébétés et se placer aux côtés du guerrier du Chaos qui venait de parler. Ce dernier était tête nue, et ressemblait un peu à Dangorn, n'eut-ce été que parce qu'il avait de longs cheveux blancs, comme lui. Mais il avait l'air plus vieux, tandis que sa peau était couverte de tatouages obscènes et de cicatrices rituelles.

- Mais que... Armengild ! balbutia Lust, la voix cassée par la surprise.

- Je ne me nomme pas Armengild, vieux croûton, lui lança la rouquine. Tu l'as entendu, je m'appelle Millénia. Cela m'a amusé de te faire croire que j'étais de ton côté. Tu n'es qu'un homme comme les autres : dès qu'une femme leur fait des avances, ils ne peuvent refuser et ils sont à sa merci. J'ai eu grand plaisir à jouer avec toi, mais mon doux prince Lanshor a décidé que cela avait assez duré.

Le guerrier du Chaos ayant un air de famille avec Dangorn se tourna alors vers ce dernier.

- Tu me reconnais, n'est-ce pas, mon neveu ?

- J'aurais dû me douter que tu étais derrière tout ceci, Mauldred, vil esclave des Dieux du Chaos !

- Le dernier à m'avoir appelé "esclave" a fini sacrifié à la gloire des Dieux Noirs. Veux-tu subir le même sort, Dangorn ? Si tu veux vraiment le savoir, oui, c'est moi qui ai organisé tout ça. Ton accusation était le meilleur moyen que toi et tes amis attirent l'attention de ma vraie cible : Lust. Vous amener ici a été un jeu d'enfant, et cet imbécile de Lust vous a suivi. Mon plan a fonctionné à merveille. Je vais mettre fin à ton insignifiante vie ainsi qu' à celle de tes compagnons mercenaires, mais c'est la mort de Lust qui va m'attirer les faveurs des Puissances de la Ruine !

- C'est ce que vous croyez, hérétique ! répliqua l'inquisiteur qui avait repris ses esprits. Il se tourna vers les aventuriers. Mercenaires du Reikland, je ferai tomber toutes les accusations contre vous si nous unissons nos forces contre ce traître !

La silhouette du coriace homme de main qui écrasait Älexis contre le mur s'écroula au sol avec fracas. Älexis secoua son bras métallique comme pour le ravigoter, puis jeta un regard noir au Seigneur Chaotique en s'adressant a Drugnalf sans le regarder.

"Capitaine, quel sont les ordres ?..."Drugni était stupéfait, il s'attendait à tout sauf à cela. Il avait l'impression de faire face à Dangorn, ou tout du moins son côté obscur. Les deux hommes semblaient même se connaître. Faisant face à cette nouvelle menace il devait réagir vite sinon ils seraient submergés par de nouveaux ennemis.

"Mercenaires tenez bon ! Reformez vous ! Nous allons bouter ces fils de chien au plus profond des égouts !" Rugit il. "Lust soutenez nous avec vos hommes ! Nous aurons besoin de toutes nos forces pour vaincre cet ennemi !"

Lust opina du chef en guise de réponse à la demande de Drugnalf, et ordonna à ses quelques hommes survivants de se redéployer sur le flanc des mercenaires de façon à ne laisser aucune autre issue aux chaotiques que le tunnel par lequel ils étaient venus.

- Je m'engage à vous faire des excuses à vous et à votre confrérie dès que tout cela sera fini, mais si vous n'aviez pas massacré la moitié de ma suite, nos effectifs seraient bien plus nombreux à l'heure actuelle, lança Lust à Drugni.

- Nous en reparlerons plus tard si vous le voulez bien, Herr inquisiteur, intervint Dangorn.

- Membres de la Fraternité du Noir Symbole, occupez-vous de ces mécréants ! invectiva Mauldred.

Les quinze cultistes mutants chargèrent. Ils étaient vêtus de robes noires en piteux état portaient sur leur visage d'affreuses marques tracées à même la chair, au couteau. Les regarder donnait la nausée. La plupart avaient une énorme pince ou un tentacule en guise de main, certains avaient trois bras, d'autres avaient un dard au bout de leur langue musclée, d'autres encore avaient une corne au milieu du front ou sur le côté de la tête. En plus de cela, ils étaient tous armés de longs couteaux sales et recourbés, comme ceux que portait Millénia.

Un chaotique qui avait des griffes de la taille d'une dague à la place de ses ongles les abattit sur le pistolet d'Älexis, tranchant net l'engin de mort en quatre parties distinctes. Un autre hérétique dément se jeta sur Alana, décrochant ses mâchoires pour ouvrir une bouche démesurée, remplie de multiples rangées de dents acérées comme des rasoirs. Millénia alla droit vers Sojiro, faisant tournoyer ses lames autour d'elle dans un ballet gracieux et inhumainement rapide. Mauldred et Dangorn entamèrent un duel à mort. Le tunnel fut une fois de plus empli du fracas des combats, et de l'odeur de la sueur mêlée à celle du sang.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Lun 25 Aoû - 12:45

Les mercenaires et les hommes de main de l'inquisiteur affrontèrent vaillamment les cultistes hédonistes et les mutants difformes, mais les hommes de Lust, déjà diminués par le précédent affrontement, n'étaient pas suffisamment nombreux. Le sol devint glissant de sang humain et de tripes.

Dangorn, après avoir paré un coup particulièrement puissant et vicieux de son ex-oncle, glissa sur un morceau de cervelle et tomba sur le dos. Mauldred prit son épée à la verticale devant lui, pointe vers le bas, les deux mains sur le pommeau et la fit plonger vers le torse de son neveu, qui se trouvait juste en-dessous. Se tournant par réflexe sur le côté, Dangorn évita de finir embroché, et la pointe de la lame noircie à la poix et au suif rencontra le dallage de pierre dans un bruit métallique.

Le sol était toujours glissant, ce qui permit au chevalier bretonnien de déséquilibrer son oncle chaotique en donnant un puissant coup dans le tibia de ce dernier avec le pommeau de son épée à deux mains. La jambière de l'armure du Chaos encaissa le choc et ne prit même pas une rayure, mais l'énergie cinétique générée fit reculer la jambe de Mauldred. Juste assez pour l'obliger à écarter les bras afin de reprendre son équilibre.

D'un coup de pied dans l'abdomen, que l'élu des Dieux Noirs ne ressentit même pas grâce à la protection de son armure-sorcière, Dangorn l'envoya faire une initiation au patinage artistique. Mais selon le principe d'action-réaction, il fut lui aussi projeté en arrière.

Après deux mètres de glissade sur le dos, il se releva tandis que son adversaire essayait de caler ses pieds sur une surface plus adhérente. Une fois stabilisé, le guerrier du Chaos examina brièvement la situation : ses cultistes avaient tué presque tous les fanatiques de l'inquisiteur, mais ils avaient eux aussi subi des pertes. Et les mercenaires du Reikland, tous encore en vie, n'étaient pas une menace à prendre à la légère au vu de leurs précédents états de service.

Trop confiants en leur nombre, les chaotiques avaient apparemment sous-estimé leurs adversaires, et maintenant la bataille tournait en leur défaveur.

- Retraite ! gronda Mauldred le Dément. Certains cultistes tournèrent la tête et cessèrent le combat pour fuir, mais d'autres, aveuglés par leur soif de sang, continuaient à se jeter sur les mercenaires.

Millénia cessa brutalement de jouer avec Sojiro, et de quelques bonds gracieux elle rejoignit le groupe d'hérétiques qui s'échappait par l'un des conduits d'égoûts. Encore aux prises avec les cultistes qui avaient ignoré l'ordre de fuite, Lust et les mercenaires ne purent les rattraper tout de suite.

Après avoir achevé le dernier hérétique fou furieux, le seigneur inquisiteur Lust regarda ce qu'il était advenu de sa suite. Werner, le gringalet au tromblon n'avait plus de visage, et ses mains étaient crispées sur la plaie qui l'avait tué, au niveau de l'estomac. Armengild - ou Millénia - l'avait trahi. Son porteur de bagages avait été coupé en deux par les pinces géantes d'un des mutants. Les deux bourreaux, tués par Millénia, avaient subi plus de souffrances que tout ce qu'ils avaient pu faire subir à ceux qu'ils avaient torturé de leur vivant. Les dix hommes de main sigmarites gisaient dans leur propre sang. Le sorcier améthyste avait lui aussi rejoint les jardins de Mòrr d'une façon peu enviable.

En bref, il ne restait plus rien de la suite inquisitoriale. Seul Lust et les mercenaires étaient encore debout. Parmi les mercenaires du Reikland, certains étaient blessés, mais apparemment ils s'en étaient beaucoup mieux sortis. L'inquisiteur prit la parole.

- Je vous dois des excuses, et je vous félicite. Visiblement vous savez vous battre, en tout cas bien mieux que ceux que j'ai engagé à la hâte avant de venir ici. Voici ma proposition : travaillez pour moi, mettons ensemble un terme aux agissements de cette secte impie, et je veillerai à ce que l'Inquisition vous récompense comme il se doit. Je vous dois bien ça.

Drugni avait cette petite lueur dans l'oeil comme quand il savait qu'il s'en mettrait plein les poches et il esquissa un sourire.

"Je serais ravi de vous aider à traquer ce chien mais j'veux des garanties et que vous me donniez votre parole. Je suis sûr que nous pouvons faire affaire ensemble et que nous parviendrons à trouver un terrain d'entente avant que nos ennemis ne nous distancent."

Le vieux nain mettait Lust dos au mur, le temps jouait contre l'inquisiteur et ce dernier ne pouvait plus refuser la proposition du capitaine des mercenaires du Reikland. Lust s'essuya le front, maculant son gant de soie fine de sueur.

"Bien... bien sûr, je vous promets que l'Ordre de Sigmar vous récompensera généreusement. Au moins... 20 Couronnes par mercenaire ici présent. Et au moins 10 de plus si nous arrêtons ces infects cultistes. Nous pourrons ensuite négocier sur ces bases, non ?"

Il avait l'air presque suppliant. Il voulait se dépêcher, éviter de perdre trop de temps...

Drugni tendit sa main en direction de l'inquisiteur pour conclure l'affaire.

"Marché conclu ! Tenez vous en à votre parole voilà tout ce que je souhaite. Bon maintenant allons chasser ces infections, j'aimerai bien rentré avant l'aube pour me vider une ou deux bières !"

Lust serra la main du Nain, heureux de trouver rapidement un arrangement.

"Suivez-moi !"

Il mena le groupe habilement à travers les égouts, tout en soliloquant à voix basse sur la nécessité pour eux de trouver un endroit sain mais à l'abri des regards, que peu de choses leur conviendrais, et finalement, ils débouchèrent sur... une grande salle.
Circulaire, d'environ vingt mètres de diamètre, une partie était couverte de tapis, futons et coussins confortables. Dessus étaient allongés des humains des deux sexes, certains étaient encore des enfants, aucun ne dépassait la vingtaine d'années. On pouvait aussi voir dans un coin, attaché à un chevalet, un homme, sans doute le journaliste, nu, en un très piteux état, gémissant de douleur mais aussi de plaisir.

Ils étaient attendus, au centre de la salle, par un homme grand, à la peau couleur miel et aux longs cheveux d'un noir de jais attachés en queue de cheval depuis le haut de sa tête par une fine pièce de soie violette. Ses yeux verts étaient insondables, à la fois attirants et inhumainement froids. Il était vêtu d'une curieuse armure de plaques pourpre au laçage rouge, lui couvrant le torse et l'épaule droite, avec également quatre séries de cinq plaques qui protégeait l'aine, les hanches et les fesses. Il portait également des protections aux tibias et aux avant-bras. Son épaule gauche était protégée par une grande plaque pourpre.
Comme pantalon, il portait une sorte de jupe-culotte noire entrée dans de hautes chaussettes de la même couleur au niveau des genoux, et une veste noire aux revers rouges. Enfin, il portait par-dessus son armure une longue veste sans manches noire au revers pourpre bordée de rouge sombre. A la taille, retenus par une longue écharpe de soie noire, deux sabres, un long et un court.
Et, des deux côtés de sa veste sans manches comme sur la protection de son épaule gauche, le signe de Slaanesh blanc, couvert par un dragon semblant esquissé d'un trait de pinceau noir en S, le tout dans un cercle...

Et surtout, il paraissait tellement beau, tellement parfait, que rien qu'élever la voix contre lui paraissait un blasphème. Il accueillit ses visiteurs avec un sourire. Sa voix chaude, profonde et avec un accent chantant résonna :

"Bienvenue à vous. Je vous attendais, valeureux guerriers. Peu ont osé nous défier. Encore moins ont réussi à survivre. Ce ne sont pas dans nos plans de vous tuer - pas encore. Retenez mon nom, je suis Akira le Vif, Favori de Lanshor. Au hasard d'une prochaine rencontre, fière compagnie."

D'un mouvement élégant, vif, et plein de grâce, il était parvenu à l'autre bout de la pièce. Vers une ouverture.

"N'essayez pas de nous suivre. Cette porte sera scellée."

Le plus naturellement du monde, il passa dans le trou et referma le battant circulaire. Le cliquetis qui résonna sembla rompre le charme...

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Dernière édition par Dangorn / Nadrong le Lun 25 Aoû - 12:59, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Lun 25 Aoû - 12:45

KarakAlaric resta abasourdi.

"Dites donc, les gens ont de ces noms, de nos jours... M'enfin, on fait quoi maintenant ? On torture ces gens en espérant qu'ils nous donnent un indice, puis on les tue et on récupère les corps ?"

Il porta un regard dédaigneux, mais aussi quelque peu mélancolique vers l'inquisiteur, pour un résultat qui s'approchait plus de la pitié.

"C'est comme cela que vous procedez habituellement, n'est-ce pas ?"

Il fit un signe de tête à Jager, puis s'avanca dans la salle.

"Ne vous en faites pas. De toute facon, il n'y a aucune, je dis bien aucune porte qui me résiste" fit-il en triturant une des ses fioles de mercure avant de vérifier que son arme était bien chargée. "Et ne vous inquiétez pas, je n'ai pas l'intention d'exploser cette porte-ci. J'espère juste qu'elle n'est pas protégée par une quelconque magie."

*Il regarde Drugni droit dans les yeux*
"J'attend juste votre permission, chef."

Drugni cracha au sol et s'approcha des gens vautrés dans sur les cousins et les tapisseries décorant la pièce. Ils semblaient comme plongés dans une sorte de transe, leur visage était marqué par l'extase et ils ne semblaient pas remarquer la présence des mercenaires.

"Commençons à voir si nous pouvons tirer une quelconque information... Ils n'ont pas l'air en mesure de nous répondre mais avec quelques baffes l'envie de parler pourrait leur revenir."

L'individu le plus proche de Drugni, un jeune homme pâle aux traits ambigüs, l'air efféminé, ses cheveux collés par de la cire dans une coiffure bizarre et provocante, s'étira sur ses coussins et lui lança d'un ton suave :

"Oh oui fouettez-moi s'il vous plaît, j'aime cela. Yggrak tu amat Lanshor !"

Et ses acolytes commençèrent à répéter en choeur un mantra envoûtant, dans une langue inconnue.

"Lanshor tu amat ! Yggrak tu amat Lanshor ! Lanshor tu amat !"

Le journaliste de l'Empire Zeitung, toujours attaché à son chevalet, psalmodiait lui aussi cette même phrase malgré l'état de son visage. Chaque mot devait lui procurer une souffrance atroce, mais étrangement il semblait être en extase.

Ne supportant plus les braillement lascif de l'homme, Drugni se sasit de son marteau et le fracassa sur le crâne de l'homme, qui éclata comme une pastèque répandant des morceaux de cervelles tout autour de lui.

"On ne tirera rien de ceux là... Leur âme appartient déjà aux dieux noirs !" Dit en s'essuyant le visage. "Arnwald fous moi le feu à cette salle, pareil endroit ne doit pas exister ! Lust, nous ne pourrons rattraper cette bande de chiens, retrouvez nous à la taverne du Squig Boiteux..."

C'est alors que le journaliste corrompu supplia les mercenaires.

"Non ! Laissez-moi souffrir encore un peu ! Torturez-moi, je peux vous avouer des choses que je sais !"

Dangorn paraissait indigné que cet homme - ou ce qu'il en restait - se souciat aussi peu de son honneur et de ses compagnons, pour ainsi proposer de les livrer sans aucun scrupule. Tout ça pour quelques minutes de souffrance supplémentaires. Mais ainsi sont les Dieux Noirs et leurs adeptes : égoïstes, et sans compassion pour autrui.

Martin se jeta sur le scribe défiguré et le menaça de son épée.

"Parle donc hérétique !
- En vérité, ce n'est pas moi qui ait écrit l'article qui vous accuse... Mais j'ai trouvé l'idée excellente, et j'ai dit à mon Magister que c'était mon fait ! C'est pourquoi il m'a récompensé, dans son extrême gentillesse."

Disant cela, il fit jouer les muscles à vif de sa joue. On voyait également l'os de sa mâchoire au travers des chairs déchiquetées. La douleur lui arracha un soupir d'aise plutôt obscène.

"Maintenant je savoure mon humiliation. Frappez-moi, tailladez-moi, je vous en prie ! Je vais bientôt rejoindre mon beau et doux Prince ! Yggrak tu amat Lanshor !!!"

L'écuyer réprima un haut-le-coeur, et l'égorgea. Les jeunes gens et les enfants qui se prélassaient dans la salle entonnèrent une nouvelle fois leur inlassable formule, qui mettait les mercenaires mal à l'aise. Cette phrase semblait vous pénétrer l'esprit et ne plus vouloir en sortir. Elle vibrait à l'intérieur, comme si il ne s'agissait pas seulement de mots prononcés par une bouche humaine. Sans les comprendre, l'esprit leur donnait inconsciemment de multiples sens. Des sens terrifiants de perversité.

Les mercenaires se dépêchèrent d'exécuter les derniers cultistes et de brûler ce lieu maudit, puis rentrèrent à la taverne.

Drugni Brise-Squigs ouvrit la porte de la taverne le premier, suivi du reste de la confrérie. Le Squig Boiteux était resté en l'état dans lequel ils l'avaient quitté. Le vieil Urvan essuyait nonchalament des chopes fraîchement lavées. Esteban Lust ferma le cortège ainsi que la porte. La première chose que fit Dangorn en entrant fut de s'accouder au comptoir pour commander une bière, et la première chose que fit Martin fut de poser son fardeau à terre, près d'une table qu'il réserva pour son chevalier et ses amis.

"Bien", dit Lust d'une voix forte afin que tous les mercenaires puissent l'entendre, "comme tout travail mérite salaire, je me dois de vous récompenser pour vos exploits de tout à l'heure. Toutes les accusations contre le dénommé Dangorn de Castagne sont levées, ainsi que toutes les suppositions à propos de votre confrérie qu'elles engendraient. A savoir que vous n'êtes plus suspectés d'être une cabale d'hérétiques, ni le Squig Boiteux d'être un repaire de chaotiques infiltrés, comme je le croyais au début.

- Quoi ? C'est tout ? Pas d'or ?" s'indigna un des mercenaires, que le capitaine fit taire du regard.

"Croyez-moi, c'est déjà un grand service que je consens à vous rendre, qui risque de m'exposer à la hargne d'autres répurgateurs qui sont persuadés que les sources de l'Empire Zeitung ont au moins une part de vérité."

Petrus prit son chapeau en main et c’est courbé en deux, son visage empreint d’humilité, qu’il s’approcha de l’inquisiteur.

"Quelle sagesse dans la décision de votre seigneurie ! Nous ne saurions trop vous remercier de la faveur que vous nous faites. Nous voilà ainsi lavés de ces soupçons, nous qui n’hésitons pas à traquer le chaos partout où il se trouve et avec quelle détermination ! "

Il soupira.

"C’est d’ailleurs une bonne chose pour tout le monde. Qui sait ce que des agents trop zélés pourraient découvrir en interrogeant les mercenaires de la compagnie ! Assurément, ils n’y trouveraient pas la moindre trace de corruption ! Par contre, ils pourraient apprendre beaucoup de choses concernant l’association, disons charnelle, entre une cultiste de Slaanesh patentée et un haut représentant d’une honorable institution impériale."

Son regard plein d’ingénuité se fixa dans celui de l’inquisiteur.

"Comment l’inquisition qualifie-t-elle l’union charnelle d’une part et le fait d’infliger la souffrance de manière organisée d’autre part, en association avec une cultiste de slanesh ? Ne s’agit-il pas d’une activité chaotique caractérisée ? En ce qui me concerne, si j’étais confronté à un individu coupable d’une telle forfaiture, je ne le conduirais au bûcher qu’après avoir brisé tous les os de chacun de ses membres et l’avoir bourré de stimulants pour être sur qu’il ne meure pas avant d’être bien cuit. Je doute que les répurgateurs de l’inquisition en fassent moins."

Il prit alors un air navré.

"Comme vous avez pu le constater monseigneur, les mercenaires constituent un outil très fiable et très efficace. Dès lors que la partie initiatrice du contrat remplit tous ses engagements, elle n’en tire que satisfaction. Mais un contrat n’est pas clos tant que tous les engagements n’ont pas été tenus. Et s’il y a trahison, alors une rancune est inscrite sur le livre de la compagnie, rancune que chaque mercenaire devra tacher de laver, d’une manière ou d’une autre. Aucun traître ne part au paradis de Sigmar avant d’avoir lavé sa trahison. "

Un ange passa.

"J’ai cru comprendre que vous aviez promis une rémunération sonnante et trébuchante à la compagnie, monseigneur ? Ne croyez vous pas qu’il soit préférable pour tous que TOUS les engagements soient respectés et que le contrat soit enfin clos, DEFINITIVEMENT ?"

Lust regarda Petrus avec un demi-rictus, un lueur de malice dans ses yeux de glace. Ca devait être sa façon d'exprimer sa joie et sa gratitude.

"Je ne me rappelle pas avoir dit une chose pareille. Je me souviens en revanche vous avoir dit que l'Inquisition vous récompenserai dûment. Mais vous avez raison, une simple amnistie en guise de récompense ne suffit pas. Voici le reste de ma part du marché : tavernier, c'est ma tournée !"

Sa main glissa vers sa ceinture, de laquelle il détacha une bourse pleine, qu'il lança sur le comptoir.

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Mer 3 Sep - 12:40

Chapitre Neuvième : la Vision.

Les mois avaient passé dans la Confrérie. Les batailles, les beuveries s'enchaînaient et finissaient presque par se ressembler. Et puis il y eut une bataille de trop.

Ce fameux soir du 20 Pflugzeit, nombre de ses confrères et amis avaient été portés morts ou disparus. Le vieux Kreikan Couilles-de-Bois, ainsi que la belle Shandra, l'illustre Bjørn Urvansson Forgefeu, Mordrep Kurdum, Ernst, Rikgor... et bien d'autres dont les noms ont été oubliés, presque le quart des effectifs de la confrérie, au total, manquait à l'appel. Cette mauvaise nouvelle s'accompagnait d'une victoire en demi-teinte : le maudit Klan Kass'Krânes n'était plus. La bataille avait duré du matin au soir, et il ne restait plus un orque vivant dans la plaine où s'était installé le Klan. Malheureusement, de nombreux mercenaires valeureux l'avaient payé de leurs vies.

La mort était monnaie courante dans la vie de la confrérie, il était fréquent de constater des pertes après un assaut violent, mais jamais une victoire n'avait coûté aussi cher en vies de mercenaires.

Une rumeur circulait néanmoins : on n'aurait pas retrouvé tous les corps. Mais la boucherie était telle qu'il aurait été de toute manière impossible d'identifier avec certitude à qui appartenait chaque morceau.

Drugnalf Skani lui-même avait été profondément touché par ces lourdes pertes, et décida de s'exiler pour honorer un serment mystérieux, laissant la confrérie sans capitaine. Dangorn avait été tenté de s'en aller lui aussi, mettre fin à son contrat, abandonner sa Quête, et rentrer, bredouille mais vivant, en Bretonnie. Cela faisait si longtemps qu'il était parti. Son fief de Castagne lui manquait. Ses marais putrides, sa terre boueuse, ses collines sombres et son ciel menaçant quand il ne pleuvait pas. Même ses paysans ignares, crasseux et déformés... non, pas à ce point quand même. Quoique.

Depuis tout ce temps, il n'avait vu qu'une seule fois la Dame du Lac en rêve. Il n'avait absolument rien compris à ce qu'elle lui avait dit, car il était trop concentré sur son décolleté, dont il ne pouvait pas détourner son regard. Cette divine poitrine si blanche, si généreuse, découverte juste ce qu'il fallait, avait accaparé son esprit. Le rebord en dentelle masquait à peine les tétons qu'il devinait poindre, fermes et saillants, sous son corset immaculé. Tout comme sa foi en la déesse, qu'il commençait à réellement sentir durcir, surtout au niveau de son entrejambe.

C'est alors qu'il réalisa qu'elle avait fini de parler. Il n'avait strictement rien écouté. Puis elle avait disparu et il s'était réveillé, couvert de sueur et avec un chapiteau sous les draps. Il avait laissé passer une unique opportunité de comprendre quelle épreuve il devait accomplir pour avancer dans sa quête du Saint Graal, et il avait très peu de chances qu'une telle occasion se présente à nouveau un jour. Il perdit peu à peu espoir.

En ce frais matin de Sigmarzeit, Dangorn se promenait comme à son habitude sur les quais d'Altdorf. C'était dans cette rue au bord du Reik, la Hundertavernenstrasse, en Reikspiel « la rue des cent tavernes », qu'un mercenaire avait le plus de chances de trouver un travail. Nombreux étaient les voyageurs, les marchands et les capitaines de navires qui venaient s'hydrater le gosier dans l'un des bouibouis du port, certains très réputés, d'autres moins, en tout cas pas pour les mêmes choses. Et nombreux étaient les clients potentiels qui pouvaient avoir besoin d'hommes de main pour monter une expédition ou simplement pour assurer leur sécurité personnelle. Il entra dans la taverne de l'Event pour y écouter les rumeurs et accessoirement commencer la journée avec une pinte de bière, et aperçut une affiche sur un mur. Celle-ci disait :

« Le Prince de Luccini cherche des aventuriers intrépides pour monter une expédition, forte récompense, destination confidentielle. »

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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   Lun 5 Jan - 17:48

Chapitre Dixième : Tribulations en Tilée.

Ayant chevauché par monts et par vaux, Dangorn arriva finalement à la resplendissante cité portuaire de Luccini, au sud de la péninsule tiléenne. Le climat y était plus doux que dans le Reikland, et bien plus ensoleillé qu'en Castagne. Pour protéger sa peau livide trop vulnérable aux rayons du soleil, il fut contraint de porter en quasi-permanence son grand manteau de voyage à manches longues avec la capuche relevée pour couvrir sa tête qui commençait déjà à lui faire mal. Cela lui donnait l'allure d'une espèce de sorcier de l'ombre ayant volé un destrier bretonnien, mais au moins il évita bon nombre de brûlures qui autrement lui auraient ravagé sa fragile peau d'albinos. En effet, loin d'être une simple différence de couleur de peau et de poils, l'albinisme a des symptômes assez gênants, dont l'incapacité à bronzer et donc à se protéger naturellement des coups de soleil, et dans de nombreux cas une forte myopie. Heureusement pour lui, Dangorn parvenait à voir suffisamment pour ne pas foncer dans les arbres, il n'aurait cependant jamais pu être un archer émérite même s'il l'avait voulu, mais de toute manière cela ne lui serait même pas venu à l'esprit.

Luccini était un port constamment assailli par les pirates de la proche île de Sartosa, et les voiles des innombrables vaisseaux de guerre mouillant dans ses poste d'amarrages étaient visibles de loin. Alors qu'il n'avait pas encore franchi l'enceinte de la ville, Dangorn put admirer l'Acropole, l'immense rocher autour duquel était bâtie la cité. La légende racontait que Luccini avait été fondée par les jumeaux Lucan et Luccina qui sédentarisèrent leur tribu autour des ruines elfiques de l'Acropole. Tout cela, ce fut un marchand qui le raconta au chevalier bretonnien, tout en essayant de lui vendre des bibelots improbables soi-disant venus d'Inja, le pays des hommes-tigres. Dangorn n'en avait jamais entendu parler et pensa bien naturellement que le marchand inventait n'importe quoi pour que les gens crédules s'intéressent à ses objets.

- Tou peux me croire, jé connais bien le monde, j'ai molto voyagé, tou sais. Jé pourrai té raconter ce qui m'est arrivé quand j'étais à Cathay ou ancora quand j'étais en Lustria. Tou sais qu'il y a oune grande cité houmaine là-bas, elle s'appelle Skeggi et les gens vivent en pace avec les hommes-reptiles qui vivent dans la ioungle, d'ailleurs cette drôle de floute sans trous qué tou vois ici...

- C'est très intéressant, marchand, mais j'ai quelque chose d'important à faire à Luccini.

Il lui fallait rencontrer le Prince Lorenzo. Ce dernier, si l'on en croyait cet infatigable moulin à paroles qu'était le marchand, prétendait être le descendant direct de Lucan et Luccina, et régnait depuis une vingtaine d'années, ce qui pour un Prince-Marchand tiléen était un règne incroyablement long, d'habitude les princes se succédaient meurtres après meurtres et les lucciniens n'avaient pas le temps d'apprendre le nom de leur nouveau seigneur qu'un autre avait déjà pris sa place.

Dangorn demanda audience au Prince, ajoutant qu'il était venu pour l'annonce de recherche d'aventuriers, mais les gardes ne comprenaient pas de quoi il voulait parler, d'autant qu'eux, contrairement au marchand qui l'avait accosté lors de son entrée dans la ville, ne parlaient pas un mot de Breton ni de Reikspiel. Et Dangorn quant à lui ne parlait pas le Tiléen. Il se résigna à revenir plus tard, lorsqu'il aurait appris la langue locale. Cela lui prit des semaines pour apprendre les rudiments de ce dialecte pourtant proche du Reikspiel mais aux intonations si différentes. Au début il avait eu l'impression de n'entendre qu'un flot très rapide de paroles inintelligibles. Les gens parlaient à une vitesse incroyable, et ce fut très dur pour lui de comprendre ce qu'on lui disait. Finalement, et avec l'aide d'Umberto Giugliani, le marchand volubile qui l'avait accueilli à Luccini, il parvint à parler suffisamment bien pour faire ce qu'il était venu faire. Il retourna voir les gardes, mais ceux-ci lui apprirent que le Prince Lorenzo avait renvoyé les aventuriers ayant répondu à son annonce et décidé de reporter son expédition à une date indéterminée en raison de difficultés budgétaires.

Las et déçu, Dangorn alla passer la soirée dans une taverne, où il croisa par un curieux hasard le vieux brasseur nain Kreikan ainsi que les jumeaux elfiques Corendiel et Korhian. Dans les jours qui suivirent, ils se rendirent ensemble à Remas, où ils avaient rendez-vous avec Shandra pour résoudre une curieuse affaire de meurtre à l'étoile de lancer dans une bicoque ayant appartenu à une riche famille bourgeoise. Kreikan et Dangorn trouvèrent une malle contenant douze mille pièces d'or, et voulurent la cacher aux deux elfes mais ils furent obligé de rendre le magot à la Guilde des Voleurs de Remas, leurs employeurs, qui ne leur en laissèrent qu'une petite partie en guise de salaire.
Enfin, Dangorn rentra dans l'Empire. Il repensa à son rêve où la Dame lui dictait quelque chose à propos de la Tilée, mais tout cela restait très flou.

Elle ne lui avait peut-être pas dit d'y aller tout de suite, tout compte fait. Le mystère resterait entier, mais en attendant il avait hâte de retrouver ses camarades mercenaires et de les aider de nouveau à combattre les armées de Tchar'zanek.


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MessageSujet: Re: La Geste de Dangorn de Castagne   

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